Livres

Une recension des livres que nous avons sélectionnés !

Jean-Paul II, le pape des juifs. D’une rive à l’autre du Tibre
Samuel Goblet
Éditions Mame
Collection Fondation Jean-Paul II

Le pape Jean-Paul II, le dimanche 13 avril 1986, s’apprête à gravir les marches de la synagogue de Rome. Il vient de franchir sans doute le kilomètre le plus long de l’histoire… Celui qui sépare la basilique vaticane de la synagogue de Rome, qui se situe de l’autre côté du Tibre. Un voyage de deux mille ans à travers une histoire pavée de malentendus, d’humiliations, de persécutions. Ce « passage » symbolique du fleuve deviendra après lui une tradition. Le pape Jean-Paul II, du fait de son histoire personnelle, a prêté au cours de son pontificat (1978-2005) une attention particulière au dialogue avec la communauté juive. Ces pages, comme autant de jalons, permettent de prendre la mesure du chemin qu’il a permis d’accomplir. Les piétinements, les incompréhensions, les maladresses ne doivent pas occulter les gestes d’espérance qui ont été posés, tels des repères lumineux, au cours de ce dialogue qui perdure encore, et qui est plus nécessaire que jamais.

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Le Laboureur et les Mangeurs de vent
Liberté intérieure et confortable servitude
Boris Cyrulnik
Éditions Odile Jacob

« À 7 ans, j’ai été condamné à mort pour un crime que j’ignorais. Ce n’était pas une fantaisie d’enfant qui joue à imaginer le monde, c’était une bien réelle condamnation. » B. C.

Boris Cyrulnik a échappé à la mort que lui promettait une idéologie meurtrière. Un enfant qu’on a voulu tuer et qui toute sa vie a cherché à comprendre pourquoi, pourquoi une telle idéologie a pu prospérer.
Pourquoi certains deviennent-ils des « mangeurs de vent », qui se conforment au discours ambiant, aux pensées réflexes, parfois jusqu’à l’aveuglement, au meurtre, au génocide ? Pourquoi d’autres parviennent-ils à s’en affranchir et à penser par eux-mêmes ?
Certains ont tellement besoin d’appartenir à un groupe, comme ils ont appartenu à leur mère, qu’ils recherchent, voire chérissent, le confort de l’embrigadement. Ils acceptent mensonges et manipulations, plongeant dans le malheur des sociétés entières.

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François Heisbourg
Retour de la guerre
Editions Odile Jacob

Une guerre comme celles qu’a connues le XXe siècle est-elle de nouveau possible ?
«  Paix impossible, guerre improbable  », écrivait Raymond Aron en 1947 à propos de la guerre froide.
Mais qu’en est-il aujourd’hui alors que les théâtres de conflits se multiplient au Moyen-Orient et surtout en région indo-pacifique ? Qu’en est-il alors que les grandes puissances n’hésitent plus à prendre le risque de la guerre, qu’il s’agisse de l’aventurisme militaire de la Russie ou de l’affirmation de la puissance chinoise en mer de Chine du Sud ?
Dans cet essai, bref et percutant, François Heisbourg montre que l’ombre de la guerre est désormais bien présente, des forever wars à la lutte idéologique que se livrent les États-Unis et la Chine en passant par la cyberconflictualité. Quant aux armes de la guerre, elles concourent à l’instabilité ambiante en fragilisant la dissuasion nucléaire.
Déclassé, humilié, déboussolé par la pandémie, notre continent, et avec lui notre pays, aura fort à faire pour défendre ses intérêts et ses valeurs.

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L’Éternité des Juifs
Armand Laferrère ,
Moshe Sebbag
Editeur Odile Jacob                                                     

« L’éternité des Juifs ». Cette affirmation des auteurs s’appuie sur un constat : le peuple juif est toujours là, grâce au fait qu’il n’est ni un groupe ethnique, ni une religion, ni une nation, mais il est une large famille. (p.13). C’est ce qui assure son éternité, car l’œuvre majeure de chaque foyer juif est la Transmission.
A partir de là, les auteurs vont transmettre à leurs lecteurs ce que les familles transmettent à leurs enfants, ce qui les fait « juifs », et ce qui maintient, à leurs yeux, la pérennité du peuple juif au travers des siècles depuis plus de 3.000 ans.
Pour cela, la Bible (Torah, Prophètes et Écrits), le Talmud, les Commentateurs du Moyen-âge et ceux des siècles récents, sont mis à contribution et largement cités.
Passant en revue l’histoire d’Israël depuis les Patriarches, ils montrent comment à chaque génération les patriarches ont surmonté le sentiment d’injustice inhérent à l’homme, comme le décrit la Genèse dans l’histoire de Caïn et Abel. Ils ont ouvert le chemin pour affronter de telles épreuves.
Puis ils interrogent :
– L’éternité des femmes juives et leur rôle très actif dans l’histoire du peuple
– L’émergence des individus au milieu de sociétés autoritaires, peu respectueuses de la liberté de pensée.
Ils analysent tout ce qui concerne la société, à la lumière des riches sources de la Tradition :
– L’équilibre des pouvoirs, très biblique : rôles du roi, du prêtre, du juge et du prophète
– L’organisation de la société qui met des limites aux diverses hiérarchies
– Le sens de la Création et du Travail, ouvert par la pratique du shabbat.

Enfin dans une dernière partie, reprenant le long récit de la construction du Temple, ils mettent en lumière la place du sacré et du profane.

Voilà le lecteur en possession d’un vrai « manuel de transmission » de tout ce qui fait vibrer les familles juives, en charge elles de cette transmission. A lui de retransmettre lui-même, s’il est juif, aux générations suivantes, toute cette richesse, assurant ainsi « L’éternité des Juifs »

Recension Yvonne Schneider-Maunoury

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Juifs et chrétiens luttent ensemble contre l’antisémitisme
Mgr Jérôme Beau, Bruno Charmet, Yves Chevalier
Éditions Parole et Silence | École Cathédrale
Collection : Juifs et Chrétiens en dialogue

L’Amitié Judéo-chrétienne de France, fondée en 1948 par Jules Isaac et une équipe de chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes) et de juifs, s’est, dès l’origine, donné « pour tâche » de combattre l’antijudaïsme ancestral et l’antisémitisme moderne et « de faire en sorte qu’entre Judaïsme et Christianisme la connaissance, la compréhension, le respect et l’amitié se substituent aux malentendus séculaires et aux traditions d’hostilité ». Ce combat s’est traduit, entre autres, dans sa revue Sens, par la publication d’un certain nombre d’articles s’interrogeant sur ce phénomène et sur les moyens d’y faire face.

Ce volume propose un choix de ces articles, les premiers remontant à une journée d’étude sur le sujet organisée en décembre 1979, les autres publiés au long des années jusqu’au début de 2020. Selon les auteurs, selon le contexte dans lequel ils ont parlé ou écrit et les objectifs qu’ils se sont fixés, on trouvera des analyses historiques et des réflexions autour de l’antisémitisme et de ce qu’il convient de faire ; sur l’actualité de l’antisémitisme et ce sur quoi on peut s’appuyer pour le combattre ; sur ce qui doit orienter l’action et nourrir des relations apaisées entre les hommes appelés à vivre ensemble. Une dernière partie aborde la question de l’attitude des Églises et des chrétiens face à ce fléau, insistant sur la révolution du regard initiée par le Concile Vatican II et la Déclaration Nostra Aetate et sur la nécessité de travailler ensemble afin de faire advenir un monde de fraternité.

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L’arche n °691 Mars-avril 2022
Marcel Proust un roman juif

Ce numéro de l’Arche, dans son dossier Marcel Proust, vous conduit à le découvrir autrement, suivant le principe que « le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. »

Sur Akadem : La recherche de la judéité perdue
Proust, du côté de la mère   A écouter ICI

Exposition : Marcel Proust Du côté de la mère du 14 avril au 28 août 2022 au MahJ
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HITLER le monde sinon rien
Brendan Simms
Traduction (Anglais) : Johanna Blayac, Severine Weiss
Flammarion

La vie d’Hitler est certes l’un des récits les plus stupéfiants du XXᵉ siècle. Brendan Simms, dans une biographie originale, en renouvelle la perspective en mettant l’accent sur la dimension internationale du projet hitlérien autour de son lien puissant mais ambivalent avec l’Amérique et l’Empire britannique. …

Cette approche mondiale de l’homme ouvre de nouvelles pistes de réflexion qui, si elles étaient pérennisées, renouvelleraient en profondeur l’histoire du IIIᵉ Reich.

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Israël : autopsie d’une gauche (1905-1995)
Steve Jourdin
Préface d’Élie Barnavi
Le bord de l’eau

Comment expliquer que l’expérience sioniste en Palestine ne se soit pas achevée dans le chaos ? Qu’est-ce qui a fait que, malgré les guerres, une immigration de masse d’une ampleur inédite et une grave crise économique, la jeune démocratie israélienne ne se soit pas désintégrée sous le poids des forces contraires ? La réponse à ces questions se trouve dans la nature même du travaillisme israélien. À la tête du Yishouv (société juive de Palestine) à partir des années 1930, puis au pouvoir de manière continue entre 1948 et 1977, la gauche sioniste s’est attachée à faire primer l’intérêt général sur les intérêts particuliers. Elle a élaboré un univers politique moderne au centre duquel ont été érigées des institutions à vocation universelle et une vertu civique censée préserver la cohésion de la cité nouvelle. Sans le socialisme des premiers temps, Israël n’aurait sans doute pas subsisté. En s’entêtant sur la voie d’un socialisme à l’agonie, Israël ne se serait pas, au milieu des années 1980, engagé sur le chemin de la paix avec les pays arabes. Telle est l’hypothèse audacieuse défendue dans cet ouvrage, inédit par l’ampleur des sources mobilisées. Si la gauche israélienne est morte aujourd’hui, elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même : ce sont ses dirigeants qui l’ont assassinée.
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Les médecins d’Auschwitz
De Bruno Halioua
Préface de Claude Quétel
Perrin

Voyage au bout de l’enfer

27 janvier 1945. Les troupes soviétiques pénètrent dans l’enceinte d’Auschwitz-Birkenau pour la première fois et découvrent avec horreur le plus important camp d’extermination du IIIe Reich. Si 60 000 prisonniers ont été évacués à leur approche, il ne reste, sur place, que 7 000 malades mourant de faim. Comment ont-ils pu survivre à cet enfer ? Quel a été le rôle exact des hauts gradés nazis, et plus particulièrement des médecins, dans l’organisation du camp ? S’appuyant sur des documents inédits et de nombreux témoignages de survivants, cet ouvrage répond à ces questions et fait pour la première fois la lumière sur le rôle primordial qu’ont joué les médecins SS dans l’exécution de la Solution finale.

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J’avais 10 ans à Bergen-Belsen
Léon Placek, Philippe Legrand
Éditeur : Le Cherche-Midi

La survie d’un enfant dans un camp de concentration
L’horreur qu’il a vécue enfant hante toujours ses nuits. Sa vie. À près de 90 ans, Léon Placek n’a pas oublié ce qu’il a subi pendant la Seconde Guerre mondiale. L’étoile jaune, la dénonciation, le commissariat de police de son quartier, à Paris, puis l’internement à Drancy et le départ en train vers l’inconnu, jusqu’à l’arrivée au camp de Bergen-Belsen. Le choc de la faim, du froid, la mort côtoyée à chaque instant, la torture qui porte un autre nom… Et enfin la Libération, mais accompagnée de tant d’incertitudes…Ce livre raconte l’histoire de ce jeune garçon et de sa famille confrontés à la législation promulguée en 1941, qui exclut de la communauté nationale tous ceux désormais fichés et considérés comme  » ennemis « . Léon Placek a dès lors connu le pire, jusqu’au désespoir.
Il témoigne aujourd’hui avec une infinie sensibilité et partage ses réflexions sur l’humanité, en se confiant à Philippe Legrand. Son récit, intime et bouleversant, est plus qu’une leçon de vie : c’est un parcours unique pour mieux comprendre la force des hommes et des femmes lorsque tout semble perdu. Une incursion dans le temps qui trouve tout son sens à notre époque, de nouveau plongée dans la tourmente et confrontée au retour des idées extrêmes.

Les Cendres de la mémoire
Ida Palombo
Éditions Le Manuscrit / Fondation pour la Mémoire de la Shoah – 2020

Née en 1924 à Marseille dans une famille juive arrivée de Salonique (Grèce) au début du siècle, Ida a vu l’insouciance de sa jeunesse broyée par la Seconde Guerre mondiale. Dénoncée et arrêtée le 9 mai 1944 par des miliciens français avec une partie de sa famille, elle est internée à Drancy puis déportée à Auschwitz-Birkenau par le convoi n°74 …

Témoigner et transmettre ont été le combat de sa vie pour que ne se dispersent pas les cendres de la mémoire.

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Sortir de l’antisémitisme ?
Pierre-André Taguieff
Odile Jacob

Le philosémitisme en question

« Peut-on sortir de l’antisémitisme ? Et comment ? » Cette question conduit Pierre-André Taguieff à s’interroger sur le philosémitisme, qui désigne originellement, dans les rapports entre chrétiens et Juifs, le passage du mépris hostile au respect et à l’estime. Dans ce nouveau livre, il procède à l’examen approfondi des stratégies et des positions marquées par la haine ou la défense (ou l’amour), parfois ambiguë, des Juifs, auxquels on reproche soit leur universalisme, soit leur communautarisme.

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Toulouse 19 mars 2012
Jonathan Chetrit
Albin Michel

Toulouse, le 19 mars 2012, collège Ozar Hatorah, à l’heure où les élèves arrivent en Couv Toulouse 19 mars 2012cours. Un motard casqué fait irruption dans la cour et sème la mort, tuant à bout portant un enseignant, Jonathan Sandler, et trois jeunes enfants : Arié (5 ans) et Gabriel Sandler (3 ans) et Myriam Monsonégo (9 ans), la fille du directeur.

Ce crime a initié la série d’attentats islamistes qui ont endeuillé le pays de 2012 à 2015. Son traitement médiatique s’est focalisé sur la personnalité et la famille du tueur, Mohamed Merah. Les victimes ont certes suscité la compassion, mais on n’a peut-être pas pris la pleine mesure de l’inhumanité que représente cet événement – pour la première fois en France depuis l’Occupation on a tué de sang-froid des juifs uniquement parce qu’ils sont juifs.

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L’étoile et le sceptre  Histoire diplomatique d’Israël
Emmanuel Navon Isaac Herzog

Edition Hermann

Ce livre fournit une analyse détaillée de la politique étrangère d’Israël et de l’histoire diplomatique du peuple juif. Il présente une histoire complète et exhaustive de la politique étrangère d’Israël, dans une perspective historique de longue durée, qui couvre tous les aspects de la politique étrangère d’Israël : vis-à-vis du monde arabe et du Proche Orient ; vis-à-vis des États-Unis, de l’Europe, de la Russie et de l’ex-espace soviétique, de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique latine, de l’ONU, et de la diaspora juive. Il traite également de la diplomatie des royaumes d’Israël sous l’Antiquité et des diasporas juives au Moyen Âge et à l’époque moderne, ainsi que de la question des relations entre Israël et les nations dans le narratif biblique.

Confessions d’un bon à rien
Elie Barnavi
Grasset

La directrice du lycée de Beer Sheva eut ce jugement définitif sur le petit Elie : « Ah, celui-là, c’est un bon à rien ! Il faudra lui dénicher une institution à poigne, sinon ça finira mal pour lui… » . Le « bon à rien », né dans l’immédiat après-guerre et dans une configuration tragiquement exemplaire de l’époque, s’est forgé la plus magnifique des existences.
Son père, Michaël Yhiel Shkolnik, est né en 1910 en Bessarabie, qui faisait alors partie de l’empire russe, puis de la Roumanie, puis de la Moldavie. Officier dans l’Armée Rouge, il participera aux grandes batailles du front de l’Est (Leningrad, Moscou, Stalingrad.) Sa mère a survécu à la déportation mais y a perdu deux enfants et y laissera sa santé mentale…
Le jeune Elie nait à Bucarest en 1946. C’est là qu’il apprend le français. Son père ne songe qu’à fuir la Roumanie communiste et à gagner Israël . Un jour il disparait, enlevé par la Securitate et emprisonné trois mois à cause de ses demandes répétées de visa. En 1961 leur parvient enfin un « certificat de voyage », Israël « achetant » à l’époque des Juifs à l’Etat roumain (« notre meilleur produit d’exportation avec le pétrole » dixit Ceaucescu). Au sein de la « drôle de famille » qui accueille les arrivants en Terre promise, l’oncle Avi exercera une profonde influence sur l’adolescent, d’où le choix d’un nouveau patronyme : Barnavi.

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Tertullien et moi
de Stéphanie Binder

Éditions du Cerf

Un homme, une femme. Un chrétien, une juive. Un Africain de langue latine, une Israélienne de langue française. Un représentant des débuts de l’Église cherchant à changer le cours de l’histoire du judaïsme et une chercheuse ayant pour métier d’étudier le judaïsme. Dix-huit siècles entre la mort du premier et la naissance de la seconde. Et quinze années de vie commune.

De son dialogue incessant avec Tertullien, Stéphanie É. Binder a retiré un grand nombre d’enseignements, à la fois sur elle-même et sur le monde tel qu’il va. De cet échange fécond par-delà les temps et les lieux, elle a tiré un exemple rare et magnifique d’ego-histoire où la divulgation d’un passé méconnu éclaire la mécompréhension cachée du présent.

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Une énigme française
Jacques Sémelin
Albin Michel

Tout a commencé par une question posée par Simone Veil à Jacques Semelin en 2008 : « Comment se fait-il que tant de Juifs ont pu survivre en France malgré le gouvernement de Vichy et les nazis ? » Un vrai défi pour cet historien spécialiste des crimes de masse et de la Shoah.

D’une plume alerte, en collaboration avec Laurent Larcher, journaliste à La Croix, l’historien nous raconte son enquête passionnante dans la mémoire des Juifs non déportés, son analyse des circonstances de l’époque, ses rencontres avec Robert Paxton, Robert Badinter, Pierre Nora, Serge Klarsfeld… C’est une tout une autre histoire des Français sous l’Occupation qui est ici mise au jour et confrontée au régime mémoriel institué par le discours de Jacques Chirac le 16 juillet 1995 – sans que jamais la Collaboration ni le sort tragique des victimes ne soient oubliés.

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Ombre invaincue : la survie de la collaboration dans la France de l’après-guerre 1944-1954
Christophe Bourseiller
Perrin
 

Après la Seconde Guerre mondiale, en dépit de l’Epuration, certains anciens collaborationnistes parviennent à se recycler et à faire vivre leurs idées. Trois mouvances spécifiques, très actives dans les années 1930-1945, perdurent : le Parti populaire français de Jacques Doriot, le Rassemblement national populaire de Marcel Déat, la nébuleuse « cagoularde » d’Eugène Deloncle. Si, en 1945, leurs chefs tutélaires ont disparu, une nouvelle génération leur succède : Georges Albertini, Guy Lemonnier, Georges Soulès, Maurice Bardèche, René Binet… Ce qui caractérise ces hommes âgé de vingt à quarante ans, c’est la souplesse, voire la plasticité. Il ne s’agit pas pour eux de renier leurs idées, mais bien au contraire de les adapter au règne des vainqueurs, de se glisser dans l’époque nouvelle en l’infléchissant. Dans ce monde bouillonnant de perspectives, on croise François Mitterrand et ses liens avec la Cagoule, des Français formés au camp de jeunesse à Auschwitz (1944), des commandos de miliciens parachutés en France à l’hiver 1945, des collaborationnistes sensibles au fédéralisme européen…

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Qu’elles sont belles, tes tentes !
Maison RACHI

L’incroyable épopée de la Maison Rachi illustrée par un riche fonds photographique de Didier Guy et Hubert Bokobza.
La Maison Rachi, c’est un pari fou, le fruit d’une grande aventure humaine, une mission quasi insurmontable qui aboutira, après 11 année de labeur, à un endroit magique, à un endroit magique, un lieu central du judaïsme mondial. Toute cette aventure est racontée dans cet ouvrage magnifique.

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Smotshè, biographie d’une rue juive de Varsovie
Benny Mer
Éditions de l’antilope – 2021

La rue Smocza (Smotshè en yiddish) fut l’une des rues les plus pauvres du quartier juif de Varsovie entre les deux guerres. C’est celle que l’écrivain et journaliste israélien Benny Mer choisit pour en reconstituer l’histoire et tenter de retracer le destin de ses habitants, souvent des gens très modestes, tailleurs, vendeuses de marché…

Ce récit, écrit à la première personne, s’appuie sur un considérable travail de recherche à travers des archives et des témoignages. Ses sources principales sont la presse yiddish de l’époque, articles de journaux, annonces, faits divers, mais aussi des témoignages écrits, des fragments littéraires, des poèmes et des témoignages oraux. À travers cette rue, c’est toute la vie juive en Pologne entre les deux guerres que l’auteur fait revivre.

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Yzkor. Une famille juive en France entre 1940 et 1944
Franck Fajnkuchen
Éditions Secrets de Pays

En hébreu, Yzkor signifie « qu’Il se souvienne » et désigne la prière du souvenir en mémoire des morts. Pour honorer la mémoire de ses grands-parents, Franck Fajnkuchen a entrepris d’écrire leur histoire.

Il retrace en particulier le destin de son grand-père, Manek Fajnkuchen, arrêté à Lyon puis écroué à la prison de Montluc. Selon les archives, il aurait été déporté à Auschwitz via Drancy, le 1er août 1944. Au fil de l’enquête, l’auteur découvre que son grand-père a vraisemblablement connu un autre sort.

Au-delà du récit familial, cette étude documentée décrit la vie des Juifs du pays lensois, en Dordogne, puis dans le Lyonnais. Elle aide à comprendre l’ampleur de la traque dont la communauté juive fut l’objet entre 1940 et 1944.

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La Transmission
Éliette Abécassis
Robert Laffond

La transmission est le coeur battant de nos vies, au point d’en orienter les moindres actions et relations. Un essentiel qui nous lie les uns aux autres, de génération en génération. Cette quête de mon père se révèle une enquête sur notre origine et nos héritages. Mon père Armand s’appelle aussi Amram, et Cèdre, son totem. Il est né au Maroc, vit en France et chérit Israël. Figure majeure du judaïsme, il est philosophe et talmudiste. Mais aussi, professeur et scout.

Père de tous et mon père. Comme la parole, à laquelle il a dédié sa vie, un homme complexe, généreux et d’une richesse inépuisable. Tenter de saisir par l’écriture ce qui se trouve à l’origine et à l’horizon de la transmission, si présente dans l’existence de mon père comme dans le judaïsme, est mon défi, le défi d’une fille pour son père.

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MÉMORIAL DES ENFANTS JUIFS DÉPORTÉS DE FRANCE – Additif N°13
Serge KLARSFELD
Edité par les FFDJF
 

Dans notre « Mémorial des Enfants »
figurent les visages de 5 500 enfants juifs déportés de France sur les 11 400 qui subirent ce sort.

Nous dédions cet ouvrage aux 5 900 autres enfants juifs,
dont nous recherchons encore les photographies
et nous faisons confiance – quand notre génération aura disparu – au Mémorial de la Shoah pour continuer cette mission,
à laquelle il s’est déjà associé efficacement.

Serge Klarsfeld
et les Fils et Filles des Déportés Juifs de France

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Après la rafle
Arnaud Delalande, Laurent Bidot, Joseph Weismann
Les Arenes Eds

Jo Weismann, un destin : l’un des derniers rescapés de la rafle du Vel’ d’Hiv

Le 16 juillet 1942, les autorités de Vichy procèdent à une rafle de familles juives parisiennes.
Joseph et les siens sont conduits au Vélodrome d’Hiver, puis en wagons à bestiaux jusque dans
le camp de transit de Beaune -la-Rolande. Transit… Vers où ? Un matin, on arrache à Jo ses parents et ses deux sœurs, qui sont déportés à Auschwitz. À Beaune -la- Rolande, une autre guerre a commencé : celle d’un enfant de 11 ans perdu dans un camp d’orphelins.

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Auschwitz, ville tranquille
Primo Levi
Traducteur : René de Ceccatty
Albin Michel

« Il ne fait aucun doute que Primo Levi a apporté à la littérature italienne un regard d’auteur profondément original qui n’est pas dû seulement à la tragédie dont il a été témoin et victime. » René de Ceccatty

Témoin essentiel de la barbarie nazie, Primo Levi n’a cessé de raconter Auschwitz tout en cherchant à comprendre les ressorts d’une inhumanité dont ses deux livres majeurs, Si c’est un homme et La Trêve, ont rendu compte avec une lucidité inégalée. L’expérience du camp qui hante et nourrit son œuvre s’y exprime de manière diverse.

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Le pain perdu
Edith Bruck
Traduction RENE DE CECCATTY
Editions Du Sous Sol Feuilleton Non Fiction

«Il faudrait des mots nouveaux, y compris pour raconter Auschwitz, une langue nouvelle, une langue qui blesse moins que la mienne, maternelle ».

En moins de deux cents pages vibrantes de vie, de lucidité implacable et d’amour, Edith Bruck revient sur son destin : de son enfance hongroise à son crépuscule. Tout commence dans un petit village où la communauté juive à laquelle sa famille nombreuse appartient est persécutée avant d’être fauchée par la déportation nazie. L’auteur raconte sa miraculeuse survie dans plusieurs camps de concentration et son difficile retour à la vie en Hongrie, en Tchécoslovaquie, puis en Israël.

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« Les Juifs. Une tache aveugle dans le récit national »
sous la direction de Paul Salmona et Claire Soussen
Albin Michel

Présents dès l’Empire romain sur le territoire de la France actuelle, les juifs sont le plus souvent relégués dans un angle mort de l’historiographie, et cette « tache aveugle » dans le récit national est particulièrement manifeste dans les manuels scolaires, de la IIIe République à nos jours.
Pourquoi les expulsions médiévales ne sont-elles jamais mentionnées à partir de l’époque moderne ? Et, lorsqu’on évoque les juifs dans l’histoire de France, pourquoi est-ce le plus souvent sous l’angle des persécutions qu’ils eurent à subir et non de l’originalité de leurs contributions ?
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Archéologie du judaïsme en France
Paul Salmona


Synagogues, bains rituels, rues, cimetières, graffitis, parchemins…, depuis le XIXe siècle, les archéologues exhument des traces matérielles du judaïsme en France, mais c’est le développement de l’archéologie préventive qui, dans les années 1990, a permis de mettre au jour une série de nouveaux sites.
Ces vestiges éclairent la présence juive durant l’Antiquité, complètent les rares informations sur le premier Moyen Âge, enrichissent la connaissance des innombrables juiveries médiévales que comptait le royaume avant les expulsions des XIIe, XIVe et XVIe siècles, illustrent les communautés « résilientes » (Alsace, Avignon, Comtat Venaissin) ou se reconstituant au XVIe siècle (côte aquitaine, Lorraine), et apportent des données originales sur les juifs de France, de l’Émancipation en 1791 à l’époque actuelle.
Retraçant les prémices et le développement de l’archéologie juive en France, cet ouvrage dresse un état des connaissances en s’appuyant également sur les archives textuelles, l’épigraphie, la topographie urbaine, la toponymie, le patrimoine bâti et l’art, pour restituer sa place dans l’histoire de France à une communauté très ancienne. Ainsi la présence juive se dévoile-t-elle, de découverte en découverte, contribuant à donner une visibilité à ce « point aveugle » du récit national.

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Juger de la terreur Le procès des attentats de janvier 2015
Smaïn Laacher
éditions de l’Aube

Smaïn Laacher est professeur de sociologie. Il est actuellement Président du conseil scientifique de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), membre du conseil scientifique de l’Institut convergences migrations (Collège de France), membre du comité de pilotage de le plateforme internationale de recherche sur le racisme et l’antisémitisme (École Pratique des Hautes Études et Fondation Maison des sciences de l’Homme). Ces dernières publications sont « Le fait migratoire et les sept péchés capitaux » (éditions de l’Aube, 2022). « .Juger la terreur. Le procès des attentats de janvier 2015 » (éd de l’Aube, 2022). « Crise du débat démocratique. Doit-on limiter la liberté d’expression ? » (sous la direction de Smaïn Laacher, éditions Hermann, 2022).
Pour La Revue civique, il s’entretient ICI avec l’historien Marc Knobel.

La Trilogie Berlinoise – Tome 1 : La Trilogie berlinoise
Pierre Boisserie (Auteur) François Warzala (Illustration) Gilles Berton (Traduction)
Les Arenes Eds

Pour la première fois, l’adaptation en BD du chef-d’oeuvre de Philip Kerr.
Berlin 1936 : Bernie Gunther, ancien commissaire de la police berlinoise, est devenu détective privé. Il est spécialisé dans la recherche des personnes disparues, chose courante depuis l’arrivée au pouvoir du parti nationalsocialiste. Alors que l’Allemagne nazie nettoie les rues de la capitale allemande en vue des JO, un riche industriel, Hermann Six, lui demande d’élucider le meurtre de sa fille Grete et de son gendre Paul, un SS notoire. Six s’interroge également sur la disparation d’un collier de diamants d’une grande valeur, enfermé dans le coffre-fort des époux. Durant son enquête, Bernie Gunther va être confronté à la Gestapo, à Göring, à des policiers véreux et à la pègre berlinoise…
L’Été de cristal, premier volet de La Trilogie berlinoise, dresse un tableau réaliste et terrifiant du quotidien des Allemands sous le IIIe Reich. Sardonique, solitaire, provocateur, Bernie Gunther est à l’Allemagne hitlérienne ce qu’est Philip Marlowe, héros de Raymond Chandler, à la Californie des années 1940.
Le traitement graphique de François Warzala s’inscrit dans l’école de la ligne claire, à l’instar de Tintin ou de Blake et Mortimer.

“L’Affaire Sarah Halimi ou L’Eradication du Sujet”
Ouvrage collectif sous la direction de Michel Gad Wolkowicz
David Reinharc Editions

Sous la direction de Michel Gad WOLKOWICZ, des intellectuels, chercheurs, universitaires, auteurs, praticiens de référence, issus de champs de réflexion différents, se sont retrouvés afin de décrypter les signes, les symptômes et les problématiques qui affleurent sous l’expression de la défaillance des instances censées être garantes du Symbolique et de la démocratie et, partant, de la responsabilité du Sujet.

Boualem SANSAL, Georges BENSOUSSAN, Gilles-William GOLNADEL, Richard PRASQUIER, Sarah CATTAN, Daniel SIBONY, Jean-Pierre WINTER, Noémie HALIOUA, Steve SUISSA, Daniel DAYAN, Yves MAMOU, Elie CHOURAQUI, Monette VACQUIN, Jacques TARNERO, Claude BIRMAN, Thibault MOREAU, Paul AMAR, Michel Gad WOLKOWICZ, faisant de cette tragédie un événement historique, se demandent,  75 ans après la destruction des Juifs d’Europe, mis “hors-monde“, d’un Halimi à l’autre, d’Ilan à Sarah aux enfants abattus à bout portant à l’entrée de leur école, à quel moment de l’évolution de notre culture et de notre psyché collective, en France, nous en sommes.

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En Couverture l’Œuvre de l’artiste israélien Ofer LELLOUCHE,  photographiée par Shlomo ISRAËL

Elle était une fois
Yael Neeman
Traduction : Rosie Pinhas-Delpuech,
Laurence Sendrowicz
Actes sud

À travers les récits et témoignages de tous ceux qui l’ont croisée un jour, Yaël Neeman entreprend de reconstituer le portrait de Pazith, de plus en plus complexe à mesure qu’elle tente de l’approcher, et qui semble s’être consacrée à parfaire sa disparition, à ne laisser aucune trace d’elle-même. Israélienne de la première génération, Pazith est aussi le miroir d’une société qui s’invente sur des bases chancelantes et douloureuses. Interrogeant les mémoires, multipliant les angles, le livre montre qu’il n’existe pas de vie « ordinaire », que tout passage sur terre recèle une énigme universelle. Aussi sobre que bouleversant.

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Jacques Schiffrin. Un éditeur en exil. La vie du fondateur de la ‘Pléiade’
Amos Reichman  (Préface de Robert O.)
Seuil

Né dans une famille juive aisée de la Russie impériale, Jacques Schiffrin (1892-1950), éditeur de renom, connut à deux reprises l’exil. D’abord à Paris, où il fut en 1931 le fondateur de la « Bibliothèque de la Pléiade », puis, dans les années 1940, à New York, où il participa à la création de Pantheon Books.

Si la « Bibliothèque de la Pléiade » contribua grandement au prestige de la culture française dans les années 1930, la Seconde Guerre mondiale mit fin à l’idylle française du fondateur de la « Pléiade ».

Après la guerre, à New York, Schiffrin voulut revenir à Paris. Il aurait en effet semblé évident qu’il reprenne la direction de la « Bibliothèque de la Pléiade ». Devenue, avec son accord, la propriété de Gallimard dès 1933, il en était resté l’unique directeur. Mais les conséquences de la politique d’« aryanisation » avaient incité Gaston Gallimard à congédier, en novembre 1940, Schiffrin de la direction de cette collection qu’il avait lui-même créée.
Amos Reichman évoque avec une grande sensibilité la tristesse de l’exil tout en nous offrant, grâce à ses recherches minutieuses dans les archives des deux côtés de l’Atlantique, la correspondance de Schiffrin avec ses amis, notamment Roger Martin du Gard.
En cet âge d’or de l’édition, Schiffrin imprima sa marque durable. L’héritage qu’il nous laisse est immense. Ses deux créations perdurent jusqu’à aujourd’hui. En France, la « Bibliothèque de la Pléiade » est devenue l’arbitre du classicisme et Pantheon Books a beaucoup enrichi l’édition en langue anglaise.
Avec son lot de malheurs personnels et de succès magnifiques, la vie de Jacques Schiffrin offre un parfait reflet du XXe siècle.

La ville où tout homme est né
Jean-Pierre Sonnet
Editeur : Le Taillis Pre

Quarante petites proses pour entrer dans Jérusalem: longer ses murailles, compter ses tours, passer par ses portes. Et découvrir la vérité du verset: « Mais on peut dire de Sion: en elle, tout homme est né » (Psaume 87,5).

Critique du blog de Marc Rastoin : ICI

Le sergent Salinger
Jérôme Charyn
Baker Street Eds

Un portrait insolite de la légende littéraire américaine en jeune soldat à la fin de la guerre, au débarquement, à la libération de Paris…
Une reconstitution romancée de ce qu’à pu être la vie du soldat J.D.Salinger, qui a débarqué en Normandie, aidé à libérer Paris, a été parmi les premiers américains à découvrir l’horreur d’un camp de concentration nazi, servi dans le contre-espionnage, avec toujours l’ébauche de son futur grand roman sous la main, et sans jamais cesser d’écrire. Le talentueux romancier américain Jérôme Charyn, en abordant Salinger sous cet angle inhabituel peu connu et qui peu avoir une résonance particulière pour un public français, en fait un portrait nuancé, humain, inattendu et attachant.

Découvrir La Bible – 100 textes essentiels commentés
Philippe Haddad  Bernard Miserez
Robert laffont

La Bible est l’ouvrage le plus traduit et le plus vendu au monde. Il est certainement le plus feuilleté, aussi. Mais ce qui est  » bien connu  » peut se révéler mal connu… Comment se repérer parmi ce qui constitue en réalité une bibliothèque ?
Ce volume propose de guider le lecteur dans un monument de la culture universelle, qui est aussi la source d’inspiration principale de près de trois milliards de personnes. Cent textes essentiels sont présentés : leur contexte, ainsi que leur signification à toute époque. Ces extraits et leurs commentaires trament également un panorama plus général de la Bible ; la vision du monde qu’elle porte, en effet, est d’une force et d’une cohérence qui se laissent découvrir au fur et à mesure de la lecture. Il y est question de l’origine du monde et du dessein de Dieu, de la beauté de la Création, de la dignité et de la vocation de l’homme.
Pour révéler toute leur richesse, étudiée depuis des siècles, et toute leur vitalité, ces textes sont expliqués par des croyants. Philippe Haddad, rabbin, commente les passages de la Bible hébraïque, appelée Ancien Testament ou Première Alliance par les chrétiens, et Bernard Miserez, prêtre, explicite ceux du Nouveau Testament. Cette écriture à deux voix est aussi le garant d’un livre ouvert à tous.

La Bible Le Pentateuque Tome 1
Commentaire intégral verset par verset
Antoine Nouis
Salvator

Après le succès de son édition du Nouveau Testament commentée, le bibliste, pasteur et chroniqueur Antoine Nous nous propose ce commentaire du Pentateuque. Sa démarche pédagogique très complète permet au lecteur d´entrer dans le sens du texte et de bénéficier ainsi de son approche pastorale et spirituelle très accessible.

Synagogues. Merveilles du judaïsme
Coordination éditoriale Jai Imbrey
Traduit de l’anglais par Jean-François Allain
Citadelles & Mazenod

Synagogues. Merveilles du judaïsme offre un tour du monde des plus belles synagogues. D’une page à l’autre, l’œil et la curiosité du lecteur se voient sollicités pour découvrir ici des ressemblances avec les lieux de culte chrétiens, là une manière toute différente d’approcher le divin. Dans ce vaste panorama, les édifices contemporains épurés se révèlent les plus inspirants, comme le Centre juif des Hamptons à New York, dont la structure en bois rappelle les synagogues de l’Europe orientale aujourd’hui disparues.

Jérusalem, par une rosée de lumières
Daniella Pinkstein
Éditeur : Biblieurope

Dans une quinzaine de tableaux, l’auteure dépeint les multiples parcours et origines des habitants de Jérusalem, mêlant le passé, le présent et le futur de cette ville multiculturelle.
Des textes hors du commun, étranges et déroutants. Des photographies surprenantes, des brassages, des métissages, des amalgames, des fusions.
Jérusalem, ici centre du monde. Et comme tout centre, il s’offre à toutes les directions à tous les horizons, dans un mélange d’hébreu,  de français, d’anglais, d’arabe, d’araméen ou de yiddish …

Exposition du 28 novembre 2021 au 9 janvier 2022 avec Daniella Pinkstein, Yoram Salamon et Yaël Ilan à l’ECUJE (119 rue Lafayette 75010).

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Des édits d’expulsion des Juifs de France – Petit bréviaire
Richard Rossin
éditions BoDet

Tout à chacun connait la date de la deuxième expulsion des Juifs d’Espagne mais peu savent qu’il y eut des expulsions des Juifs du royaume de France par treize fois et que la France fut, selon la formulation nazie, Jüdenrein de 1394 à 1648. Les différents édits d’expulsion des Juifs de France, replacés dans leur contexte politique et social, sont passés en revue. La question se pose de savoir si ce passé éclaire sombrement le présent.

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Le Chat du Rabbin – Tome 11
La Bible pour les chats
Edition Dargaud

Le Chat tombe par hasard sur le numéro de téléphone de Dieu. Persuadé d’être le nouvel Elie, il s’en va prêcher la bonne parole à qui veut bien l’entendre (et l’écouter) en délivrant une interprétation toute personnelle des saints textes. La discussion entre le Chat et le Rabbin, et bien sûr, Zlabya est passionnante, instructive, et bien entendu, hilarante et tendre.

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Crif – Étude du Crif n°64 : La poésie juive en dialogue

Découvrez le nouveau numéro de la remarquable revue dirigée par Marc Knobel. Un numéro consacré à l’immense poète que fut Claude Vigée. La coordination de ce bel hommage a été confiée à Daniella Pinkstein.

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Le Procès de Spinoza
Jacques Schecroun
Edition Albin Michel

Dans ce roman passionnant, qui nous plonge au cœur des débats précurseurs du siècle des Lumières, Jacques Shecroun imagine les événements qui marquèrent un tournant majeur dans la vie de Spinoza. Le procès dont le philosophe fut l’objet souligne, aujourd’hui encore, la modernité de sa pensée, et l’actualité de la question de la liberté d’expression.

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Le récit d’Emmaüs à la lumière de la tradition rabbinique (Luc 24)
Michel Remaud
Lessius Pericopes
Religion & Esotérisme

Ce livre se propose d’aborder le passage bien connu des pèlerins d’Emmaüs sous un angle dont la plupart des lecteurs chrétiens ne sont pas familiers. Il s’agit de relever dans la tradition juive des thèmes ou des traditions qui peuvent être mis en regard des différents éléments du récit de Luc, et d’enrichir ainsi la lecture de cette page d’Évangile par des harmoniques rarement perçues ou exprimées par les différentes formes de l’exégèse classique.

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Le monde qui vient
Michaël Azoulay
Edition Salvator

La pandémie qui nous a frappés de plein fouet a ébranlé l’existence à laquelle nous étions habitués, bousculant bien des évidences et des certitudes. Quel visage aura ce monde qui vient ? Une voix juive, celle du rabbin Michaël Azoulay, s’exprime ici ; elle se propose non pas de donner des réponses – qui s’y risquerait ? – mais d’inviter à reconstruire, à esquisser des chemins de sagesse. À travers une histoire souvent tragique, le peuple juif a développé une forme de résistance et de résilience aux malheurs qu’il souhaite partager avec les peuples du monde. Résolument optimiste, imprégnée d’humour, soucieuse de tenir à distance les moments pénibles de l’existence et de croire en des jours meilleurs, sa tradition plurimillénaire a beaucoup à apporter aux modernes que nous sommes. Ce traité de sagesse en temps de crise se veut empreint de psychologie positive en partant d’un état d’esprit qui anime profondément l’être juif : on sort toujours grandi d’une épreuve lorsque l’on est capable d’en retirer les aspects positifs.

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La Shoah Au coeur de l’anéantissement
Olivier Lalieu, Philippe Boukara, Tal Bruttmann, Johann Chapoutot

Edition Tallandier

L’histoire de la Shoah s’appuie sur des millions de pièces d’archives conservées aux quatre coins du monde. Chacune participe à l’écriture de cette histoire pour les générations actuelles et futures. Pour la première fois, des historiens européens ont choisi près de 300 de ces documents et les décryptent. Photographies, dessins, lettres, rapports, témoignages nous plongent au cœur de l’anéantissement et nous aident à comprendre les mécanismes du génocide et ses conséquences, comme les résistances qui lui furent opposées. Un livre patrimonial, indispensable à la transmission de la mémoire de la Shoah.

Les Gryner 1945-1953
Des réfugiés juifs polonais en France après la Shoah
Sabine Zeitoun
Editions Le Manuscrit

Gryner, « vert » en yiddish, est le terme employé par les Juifs d’Europe de l’Est immigrés en France avant la Seconde Guerre mondiale pour désigner ceux des leurs « nouveaux venus », arrivés après celle-ci. Leurs motivations étaient diverses, mais ils avaient en commun celle de ne plus vivre dans un « pays-cimetière » où leurs proches avaient été exterminés. La présente étude propose une approche historico-sociologique de cette population à travers les parcours de survivants de la Shoah originaires de Pologne. Elle s’est traduite par une importante campagne d’entretiens avec ces Gryner ou leurs enfants, menée sous couvert du Farband-Union des sociétés juives de France en partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. L’analyse de ces témoignages est venue enrichir celle des interviews antérieures, et s’ajouter aux recherches effectuées dans des fonds d’archives et dans la littérature disponible. Cette synthèse nous permet désormais de mieux appréhender le passé traumatique de ces Juifs polonais, leurs motivations à s’exiler, leur choix de reconstruire une vie familiale et professionnelle en France, leurs sociabilités et modalités d’intégration dans la société française de l’après-guerre. Elle jette ainsi les bases d’un champ d’étude encore peu défriché.

Le dernier témoin
Eva Fastag Comment j’ai survécu à la caserne Dossin et à la Shoah
préface de Serge Klarfeld
Editions FFDJF

Eva Fastag, née à Varsovie, en 1917, est l’une des rares survivantes ds Juifs de Belgique ayant été internées à la caserne Dossin à Malines, dernière halte avant le transfert pour Auschwitz-Birkenau.
Son témoignage « permet de comprendre comment fonctionnait cette cette machinerie aussi absurde qu’efficace. Comment on y subissait, comment on y souffrait, comment on s’y avilissait et comment on y résistait« .

Transversalité n°159 octobre – décembre 2021
La terre d’Israël

La terre d’Israël

Fruit du travail du séminaire «Permanence d’Israël et diversité confessionnelle» entre septembre 2020 et janvier 2021, les cinq articles proposés dans ce dossier témoignent d’un travail en cours sur la terre d’Israël avec une approche œcuménique qui honore les positions et les débats internes à l’Église catholique ainsi que la diversité du protestantisme en France et à l’étranger.

Là où certains identifient des blocages concernant les avancées œcuméniques, là où d’autres pensent la relation entre judaïsme et christianisme à l’aune de leur seule confession, l’approche ici adoptée veut montrer que la quête de l’unité visible entre les chrétiens est interrogée et stimulée par la prise de conscience croissante des conséquences de la permanence d’Israël pensée à l’intérieur du dessein de Dieu. Inversement, la réflexion sur la signification de l’existence contemporaine du peuple d’Israël et sur sa vocation face aux nations conduit à faire apparaître des convergences et des divergences théologiques entre les confessions chrétiennes, mais aussi en chacune d’elles.

Histoire dessinée des juifs d’Algérie
De l’antiquité à nos jours
Benjamin STORA, Nicolas LE SCANFF
Edition Stock

Alors qu’il numérise des photos de famille, David retrouve le portrait, peint en 1878, d’une « jeune femme indigène » d’Algérie. En découvrant qu’il représente sa lointaine aïeule, l’adolescent, descendant de juifs des Aurès, entreprend une quête de ses origines, qui se transforme bientôt en véritable enquête historique dans un passé riche, complexe et douloureux.
À mesure que les fils des mémoires et de l’histoire se tissent, une fresque civilisationnelle deux fois millénaire apparaît, dont la source remonte à l’exil antique de juifs d’Israël/Palestine et à la conversion de Berbères au judaïsme, suivis de l’arrivée des Séfarades à la fin du XVe siècle. Après la longue domination arabe puis ottomane, la conquête de l’Algérie par la France en 1830 transforme profondément la destinée des « israélites indigènes » : l’attribution de la citoyenneté française par le décret Crémieux en 1870 ne marque pas seulement leur émancipation ; elle crée également une déchirure par rapport à leurs traditions religieuses et culturelles, mais aussi vis-à-vis des Berbères et Arabes musulmans avec lesquels ils avaient partagé des siècles durant une existence commune.

L’après littérature
Alain Finkielkraut
Edition Stock

« Nous sommes entrés dans l’âge de l’après-littérature. Le temps où la vision littéraire du monde avait une place dans le monde semble bel et bien révolu. Non que l’inspiration se soit subitement et définitivement tarie. De vrais livres continuent d’être écrits et imprimés, mais ils n’impriment pas. Ils n’ont plus de vertu formatrice. L’éducation des âmes n’est plus de leur ressort. Ils s’adressent à des lecteurs qui, avant même d’entrer dans la vie, refusent de s’en laisser conter et regardent l’Histoire et les histoires avec la souveraine intelligence que la victoire totale sur les préjugés leur confère. Rançon de cette outrecuidance, le faux prend possession de la vie.

La France goy
Christophe Donner
Edition Grasset

« Trente ans après L’Esprit de vengeance, qui évoquait mes sentiments envers mon grand-père, Jean Gosset, le temps était venu de chercher à savoir pourquoi cet homme s’était engagé dans la Résistance, qui le conduirait au camp de concentration de Neuengamme où il allait mourir. Les réponses, c’était son père qui allait me les fournir. » C.D.
L’enquête s’emballe quand un trésor est découvert dans les archives familiales : lettres, journaux intimes, articles de presse, manuel d’escrime, de la main d’Henri Gosset, le père de Jean. C’est l’étincelle qui fait exploser le réel, et le romanesque s’impose autour du personnage de Henri et de sa correspondance, qui nous font remonter à la fin du XIXème siècle, jusqu’aux racines de l’antisémitisme français et à son «  patient zéro  », Edouard Drumont. Si Henri Gosset, en arrivant à Paris, en 1892, à seize ans et demi, n’a pas rencontré l’auteur du best-seller haineux La France juive, il a en revanche très bien connu son disciple et successeur, Léon Daudet, le fils du célèbre écrivain. Léon initie Henri à l’antisémitisme et lui présente le professeur Bérillon, praticien réputé de l’hypnose, fondateur de l’Ecole de psychologie dont Henri devient un des professeurs et son trésorier.  Mais les mauvaises fréquentations d’Henri ne l’empêchent pas de tomber follement amoureux d’une jeune institutrice anarchiste, Marcelle Bernard. De l’union de ces extrêmes naîtra Jean Gosset…

Moshe Dayan
Héros de guerre et politicien maudit
Georges AYACHE

Edition Perrin

La première biographie consacrée à l’une des figures de proue israélienne. 

De Moshe Dayan, nous savons peu de choses, et ce que nous connaissons nous paraît généralement suffisant : vainqueur de la campagne de Suez (1956) et de la guerre de Six Jours (1967), ce général aux airs de pirate est LE symbole de la puissance militaire d’Israël. Certes, mais c’est un peu court ! Car s’il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne, il n’y a pas loin non plus de la grandeur militaire de Moshe Dayan à son déclin politique.

À propos de l’affaire Eichmann
Hannah Arendt , Karl Jaspers
éditions de L’Herne

Du 11 avril au 14 août 1961, se tient, à Jérusalem, le procès d’Adolf Eichmann – ancien chef de service du bureau IV B 4 de la Gestapo chargé de la « solution du problème juif en Europe » – pour lequel Hannah Arendt obtient du journal The New Yorker d’être envoyée en tant que reporter. En 1963, elle publie à la suite de ce procès son livre Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal. Il s’agit ici de proposer une nouvelle approche de la réception du livre d’Arendt et de sa polémique à travers la lecture de quatre textes inédits en français.
L’entretien de Karl Jaspers avec Peter Wyss ainsi que l’article d’Alexander Mitscherlich ont été publiés en Allemagne au moment de sa parution en 1964. Préoccupés l’un et l’autre par l’implication du peuple allemand dans le régime nazi, ils attirent l’attention sur un point central du livre : le lien entre l’effondrement moral provoqué par les nazis dans toute l’Europe et la criminalité d’Eichmann.
Les deux textes suivants sont des transcriptions de textes préparatoires à deux interventions faites par Hannah Arendt à la même époque. Elle y aborde les questions soulevées par la polémique en répondant d’un point de vue politique, morale et juridique. L’ouvrage est complété par un dossier iconographique montrant les moments et les acteurs majeurs du procès Eichmann.

La collection disparue
Pauline Baer de Perignon
éditions Stock

« Tout a commencé avec une liste de tableaux griffonnée par un cousin que je connaissais à peine.  Sur ce bout de papier, des chefs-d’œuvre impressionnistes, Renoir, Monet, Degas, exposés aujourd’hui dans les plus grands musées du monde, qui ont tous appartenu un jour à mon arrière-grand-père, Jules Strauss.
Je ne connaissais rien de sa histoire, ni de sa collection disparue. Ces quelques mots notés à la hâte allaient changer ma vie, me conduire du Louvre au musée de Dresde, des archives de la Gestapo au Ministère de la Culture.
Pendant trois ans, avec pour tout bagage ma curiosité et un goût prononcé pour les énigmes, je me suis lancée sur la trace de mes ancêtres, à la recherche de Jules Strauss, et d’une histoire qui ne m’a pas été transmise. Que s’est-il passé en 1942 ? Que restait-il de sa collection lorsque l’appartement familial fut perquisitionné par les nazis ?
Je ne suis pas historienne de l’art, j’ai simplement voulu mener une enquête, policière et sentimentale, sur les traces de ma famille, juive, spoliée. »
Un témoignage personnel où l’émotion grandit page après page : le lecteur accompagne Pauline Baer de Perignon dans ses découvertes, ses batailles, ses déceptions, et une forme de réconciliation. La démarche qui fonde ce récit, de l’Occupation à aujourd’hui, soulève des questions nombreuses et complexes : que faire des œuvres qui ont traversé le chaos de l’Histoire ? Comment agir, lorsqu’on est simple citoyen, face à des législations sourdes ? Que comprendre du silence des générations qui nous ont précédé ?
Enfin, et surtout, que nous transmet une œuvre d’art à travers le temps, par sa grâce et sa fragilité ?Un premier livre captivant et nécessaire.

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La carte postale
Anne Berest
Grasset

C’était en janvier 2003.
Dans notre boîte aux lettres, au milieu des traditionnelles cartes de vœux, se trouvait une carte postale étrange.
Elle n’était pas signée, l’auteur avait voulu rester anonyme.
L’Opéra Garnier d’un côté, et de l’autre, les prénoms des grands-parents de ma mère, de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942.
Vingt ans plus tard, j’ai décidé de savoir qui nous avait envoyé cette carte postale. J’ai mené l’enquête, avec l’aide de ma mère. En explorant toutes les hypothèses qui s’ouvraient à moi. Avec l’aide d’un détective privé, d’un criminologue, j’ai interrogé les habitants du village où ma famille a été arrêtée, j’ai remué ciel et terre. Et j’y suis arrivée.
Cette enquête m’a menée cent ans en arrière. J’ai retracé le destin romanesque des Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine. Et enfin, leur arrivée à Paris, avec la guerre et son désastre.
J’ai essayé de comprendre comment ma grand-mère Myriam fut la seule qui échappa à la déportation. Et éclaircir les mystères qui entouraient ses deux mariages. J’ai dû m’imprégner de l’histoire de mes ancêtres, comme je l’avais fait avec ma sœur Claire pour mon livre précédent, Gabriële.
Ce livre est à la fois une enquête, le roman de mes ancêtres, et une quête initiatique sur la signification du mot « Juif » dans une vie laïque.

Tenou’a
agite les pensées juives 10€

TENOU’A, C’EST UNE REVUE, DES ATELIERS ET DES ESPACES D’INTELLIGENCE COLLECTIVE QUI MOBILISENT TOUTES LES SENSIBILITÉS DU JUDAÏSME. ICI, ON QUESTIONNE, ON OSE, ON CRÉE.

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L’arche n°688
septembre-octobre 2021 10€

Dossier : Les juifs d’Algérie de l’antiquité à l’indépendance.

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Enfants de Paris 1939 -1945
Philippe Apeloig

Gallimard

Les plaques commémoratives sont des signes de vie.Il n’existe pas de monument aux morts à Paris pour la période 1939-1945 mais des plaques commémoratives en quantité invraisemblable, comme si elles formaient un monument aux morts éclaté ou que les pages d’un livre s’étaient détachées pour s’incruster dans les murs. Aujourd’hui, la plupart d’entre elles passent inaperçues. nous marchons dans les rues sans les voir. Faire un « monument de papier » et un livre s’est alors imposé. Enfants de Paris 1939-1945  a paru en 2018. Il recense plus de d’un millier de plaques parisiennes, arrondissement par arrondissement, honorant toutes sortes de destins …L’installation « Ces murs qui nous font signe » est la poursuite de ce travail du designer, graphiste et typographe Philippe Apeloig. Projection sur les murs du Panthéon pour les journées du Patrimoine 2021.

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Chana Tova, Barbara
Karine Naccache

Lattès

Bonne année Barbara, mais Barbara ne viendra pas. Une année à la table d’une famille juive pratiquante, fragilisée par l’attitude de rejet de l’une des leurs et qui guette son retour.

Quelle place le temps religieux occupe-t-il dans notre réalité quotidienne ? Et dans quels temps vivons-nous au juste ? Celui d’un calendrier juif immuable, celui de nos existences mouvantes, ou plutôt la conjugaison de ces deux temporalités ? Comment circulons-nous de l’une à l’autre ? Source d’équilibre, de fragilité, d’aliénation ou … de liberté ?Roman original et inspiré dans lequel une année de la vie d’une famille est racontée au rythme des fêtes juives, Chana Tova Barbara explore ces questions et d’autres thèmes si chers au judaïsme : identité, filiation, transmission.Au fil d’un récit où l’humour n’est jamais exclu, un éclairage passionnant sur un certain judaïsme contemporain.

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Éditions Le Manuscrit / Fondation pour la Mémoire de la Shoah – 2020

Née en 1924 à Marseille dans une famille juive arrivée de Salonique (Grèce) au début du siècle, Ida a vu l’insouciance de sa jeunesse broyée par la Seconde Guerre mondiale. Dénoncée et arrêtée le 9 mai 1944 par des miliciens français avec une partie de sa famille, elle est internée à Drancy puis déportée à Auschwitz-Birkenau par le convoi n°74. En décembre 1944, elle est transférée dans les Sudètes pour travailler dans une usine de lampes Mazda. Elle parvient à s’enfuir le 9 mai 1945. Prise en charge par des prisonniers de guerre français, elle est rapatriée et accueillie à l’hôtel Lutetia, à Paris.

Elle nous transmet ici son témoignage, celui d’une femme énergique et courageuse, retranscrit d’après de nombreuses séances d’enregistrement audio.

Témoigner et transmettre ont été le combat de sa vie pour que ne se dispersent pas les cendres de la mémoire.

La Guerre de vingt ans
Djihadisme et contre-terrorisme au XXIe siècle
Marc HECKER, Élie TENENBAUM
Robert Laffont

Lauréat du Prix du Livre de Géopolitique 2021

Vingt ans, déjà, que les tours du World Trade Center se sont effondrées. Qui aurait cru alors que, deux décennies plus tard, la guerre globale contre le terrorisme se poursuivrait sans issue en vue ? Des sables du Sahara aux jungles d’Asie du Sud-Est, des plaines irakiennes aux montagnes afghanes,…

Von Braun ou l’histoire du plus célèbre des ingénieurs nazis ayant permis aux Américains de poser le pied sur la Lune
Robin Walter
Des ronds dans l’O éditions

Ingénieur nazi dans le camp de concentration de Dora en Allemagne, menant ses recherches à la fabrication des fusées V2, le premier missile balistique de l’Histoire, Wernher von Braun et les principaux ingénieurs ayant participé au projet V2 sont récupérés à la fin de la guerre par les forces américaines dans le cadre de l’opération Paperclip.

Madeleine, résistante – Tome 1 : Madeleine, résistante
Madeleine Riffaud JDMorvan  Bertail Dominique
Paru le 20 août 2021 Bande dessinée (broché)

La petite Madeleine Riffaud, née en 1924, vit heureuse avec son grand-père et ses parents instituteurs. Du moins, jusqu’à ce que la Seconde Guerre mondiale n’éclate, que l’Exode ne jette la famille sur les routes et que l’adolescente, atteinte de tuberculose, soit envoyée dans un sanatorium perché dans les Alpes. Pourtant, Madeleine est bien résolue à réaliser un projet fou et nécessaire : trouver des résistants et lutter contre l’occupant. Elle y parviendra, sous le nom de code “Rainer”. Son entrée dans la Résistance ne sera que le premier acte d’un destin exceptionnel qu’elle raconte aujourd’hui dans une première trilogie nourrie des milliers de détails d’une mémoire qui n’a rien oublié…

L’enfant des camps
Francine Christophe
avec Pierre Marlière
Grasset

Arrêtée en Juillet 1942 avec sa mère sur la ligne de démarcation, Francine Christophe est encore une enfant. Elle a presque neuf ans, l’âge des jours heureux quand elle est rattrapée par la folie nazie. Interrogée par la Gestapo, enfermée de prison en prison, ballotée de camp en camp, en France d’abord, elle est déportée en mai 1944 au camp de concentration de Bergen-Belsen. A son retour, quand elle essaye d’expliquer à ses camarades de classe ce que la guerre lui a fait, celles-ci la regardent, gentiment, mais tournent l’index sur la tempe, l’air de dire  : elle est folle. La jeune Francine ne parle plus du cauchemar qui a duré trois ans.
Aujourd’hui, les mots refont surface. Francine Christophe raconte ce qu’elle vu et connu. Les coups, le froid, la faim. Les familles qu’on sépare. Les enfants qu’on entasse dans des wagons à bestiaux. La maladie et la mort. Les travées boueuses où les cadavres pourrissent. La cruauté. Mais aussi l’amour, celui d’une mère et de sa fille, indéfectible, qui résiste à la guerre. Et des miracles, comme ce bébé qui voit le jour dans l’enfer de Bergen-Belsen et survit grâce à l’entraide et la fraternité des femmes.
Pour que tous nous sachions et n’oublions pas ce que fut la Shoah.

Jérémie Gallon
Henry Kissinger. L’Européen
Hors série Connaissance, Gallimard Parution : 20-05-2021

Les Frères Rubinstein Tome 03 : Le Mariage Bensoussan
Luc Brunschwig  Etienne Le Roux
Delcourt

1943, camp de Sobibor. Moïse a la possibilité de sauver « une » personne dans le convoi de juifs qui vient d’arriver. Mais qui choisir et pourquoi lui ? Sept ans plus tôt, élève brillant du lycée Henri IV, Moïse doit faire d’autres choix difficiles face aux enjeux politiques et sociaux du moment. Pendant ce temps, Salomon, emprisonné depuis cinq ans, s’évade grâce à l’aide de son ami Bensoussan…

La fille de Mendel
Martin Lemelman
Ca Et La Eds

Gusta Lemelman est née en 1922 à Germakivka, une petite ville polonaise où vivait une importante communauté juive. Près de 70 ans plus tard, elle décide de faire le récit à son fils Martin des terribles événements qui se déroulèrent pendant la seconde guerre mondiale. A l’issue de la guerre, Gusta sera l’une des rares survivantes de sa famille, après s’être terrée pendant 18 mois dans un trou creusé dans la forêt.

Peu de temps après le décès de sa mère, Martin – qui est illustrateur de livres pour enfants – décide de retranscrire cette histoire en intégrant illustrations, photos et documents d’époque. Le résultat est ce récit émouvant et authentique, où la voix de la mère et les illustrations du fils se combinent pour créer une œuvre intensément personnelle mais à portée universelle.

Idiss
Richard Malka Robert Badinter
Illustrations de Fred Bernard

« J’ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss. Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des immigrés juifs de l’Empire russe venus à Paris avant 1914. Il est simplement le récit d’une destinée singulière à laquelle j’ai souvent rêvé. Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage d’amour de son petit-fils. » Robert Badinter.

Richard Malka et Fred Bernard s’emparent de ce récit poignant et intime pour en livrer une interprétation lumineuse tout en pudeur et à l’émotion intacte.

La sidération
Laurence Benaïm
Édition STOCK

« Tu m’écoutes maman ? Je te parle et je sais que tu n’as plus aucun prétexte pour me fuir. Tu es là justement parce que tu n’es plus. Écrire, c’est tordre le cou du temps, pour t’avoir enfin en face de moi, entièrement à moi. »

Lorsque Laurence Benaïm décide d’écrire à sa mère, celle-ci n’est plus. Pourtant elle n’a jamais été aussi proche. Cardiologue parisienne très occupée, petite fille juive cachée pendant la Seconde Guerre mondiale, Nicole, la mère de la narratrice, n’a pas vraiment su parler à sa fille. Alors qu’elle s’éteint petit à petit dans en unité de soins intensifs puis palliatifs, l’auteure tente avec tendresse et honnêteté de combler les pointillés d’une vie peu racontée.

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Années de guerre

Vassili Grossman
Années de guerre
Édition Autrement

Avant d’être l’auteur mondialement connu du chef-d’œuvre Vie et destin, Vassili Grossman a été lors de la Seconde Guerre mondiale correspondant de guerre pour Krasnaïa Zvezda, l’organe officiel des forces soviétiques, suivant l’Armée rouge au cœur des combats. L’agression nazie en 1941, l’arrivée des troupes russes à Treblinka, l’entrée dans Berlin en ruines, la capitulation en mai 1945 : l’auteur de Vie et destin a décrit tous ces événements, tirant de cette expérience quantité de récits à la lisière de la fiction et du reportage. Ce volume rassemble une partie de ces textes méconnus, hybrides, passionnants pour les liens qu’ils permettent d’établir entre documentaire et fiction. 

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Meir M. Bar-Asher
Les
Juifs dans le Coran
Albin Michel

Le Coran est-il antisémite ? L’islam véhicule-t-il une « haine du Juif » qui le rend incompatible avec les valeurs occidentales ? Le regard de l’islamologue est indispensable pour dépassionner le débat et sortir des jugements à l’emporte-pièce. Sans rien masquer des aspects les plus problématiques, le grand savant Meïr M. Bar-Asher fait le point sur ce dossier brûlant. Il passe en revue l’image des « fils d’Israël » et des « Juifs » dans le Coran et le Hadîth, ainsi que les bases coraniques du statut de dhimmi. IL s’attarde également sur l’apport extraordinaire de la tradition juive à l’exégèse musulmane du Coran, ainsi que sur les parallèles entre les lois religieuses juive et musulmane, halakha et sharia.    lire la suite

Édition de poche d’un ouvrage sorti en 2019

Préface de Mohammad Ali Amir-Moezzi

Aldo Naouri
Ma Mère Mon analyse et la sienne

Aldo Naouri explore le lien mère-fils et raconte comment la figure maternelle qui nous accompagne aux premiers jours de notre vie nous façonne, nous construit, nous marque de son empreinte.

Ce livre est celui d’un auteur qui conjugue le regard de l’analyste et le talent de l’écrivain.   lire la suite

Monique Canto-Sperber
Sauver la liberté d’expression
Édition : Albin Michel

Jusqu’où ? Jusqu’où laisser les apprentis censeurs d’aujourd’hui définir ce qu’on peut dire et ce qu’il faut taire ? Jusqu’où tolérer que défoulements et protestations envahissent le monde numérique ? Jusqu’où supporter que des extrémistes privatisent les règles de la parole, refusent le débat et installent leur hégémonie ? La parole publique est déjà l’objet d’un rapport de forces, elle sera demain l’enjeu d’un conflit. Le temps des injonctions est révolu, il faut désormais résister.  lire la suite

Pensées libres

Simone Veil
Pensées libres
Édition : Olivier Rozenberg

« Nous vous aimons, Madame », déclarait l’écrivain Jean d’Ormesson dans son discours de réception à l’Académie française, tant il est vrai que Simone Veil bénéficie d’une place bien particulière dans le cœur et l’histoire des Français. Que ce soit son discours de 1974 à l’Assemblée nationale en faveur de la dépénalisation de l’avortement, ou encore celui prononcé à l’occasion des soixante ans de la libération d’Auschwitz, ses mots résonnent encore puissamment aujourd’hui.

Cet ouvrage rassemble les plus belles, les plus instructives et les plus inspirantes citations de Simone Veil, afin de faire entendre la voix ferme et douce de cette figure majeure du XXe siècle et d’éprouver la singulière trajectoire qui fut la sienne.

  • Librio (n° 1293)

Pierre Lenhardt
Une vie chrétienne à l’écoute d’Israël

Quel parcours a conduit le Frère Pierre à consacrer sa vie à l’écoute de la Parole de Dieu, en Israël et dans l’Église ? C’est pour répondre à cette question que, sous l’amicale pression de ses proches, il a rédigé cette autobiographie. Il l’a conçue en deux parties : d’une part, ce qu’il appelle les « Bio-Étapes », le récit de sa vie depuis le Maroc de son enfance jusqu’à son engagement au service de l’enseignement de la Tradition d’Israël au sein de l’Église ; d’autre part, ce qu’il appelle les « Bio-Thèmes », d’abord variations sur le triptyque Bénédiction / Sanctification / Unification, complétées ensuite par quelques réflexions sur la Terre d’Israël et le Sionisme.

Parce que le Frère Pierre, au long de son autobiographie, parle des livres et des articles qu’il a publiés au cours de sa carrière, on a ici ajouté six de ses principaux articles, originellement publiés dans les Cahiers Ratisbonne et dans Sens, en particulier centrés sur le Talmud-Torah des Juifs et les Études juives des Chrétiens à Jérusalem.
Y. C.

« Cyberhaine. Propagande et antisémitisme sur Internet »,
de Marc Knobel, préface de Pierre-André Taguieff, postface de Smaïn Laacher, Hermann,
« Questions sensibles », 238 p., 24 €.

1941 – Résister, s’organiser

Revue Les Chemins de la Mémoire – n° 273 – Hiver 2021
Cécile Vast – Docteur en histoire, Université de Franche-Comté

« Si les événements de l’année 1941 sont souvent passés sous silence, ils n’en restent pas moins décisifs, tant sur le sol français qu’à l’extérieur de celui-ci. En effet, c’est bien dès 1941 que les premiers mouvements de résistance civile et militaire se structurent et font, dans le même temps, l’expérience de la répression »

Le dossier sur le site chemindememoire.gouv.fr

 

UNE VIE CHRETIENNE A L’ECOUTE D’ISRAËL

Pierre Lenhardt     éd. Parole et Silence

L’impardonnable

de Danielle-Esther Cohen-Levinas   Cerf

Danielle Cohen-Levinas opère dans son essai un retournement. Au travers de quelques figures majeures de la philosophie contemporaine et de la pensée juive, elle passe au crible la question de l’impardonnable, à savoir comme limitation aux multiples apories du pardon.

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Amos Gitai – Yitzhak Rabin
Chroniques d’un assassinat

Coédition Gallimard/Bibliothèque nationale de France
Hors série Connaissance, Gallimard

« Je me suis assis à ma table pour tenter d’écrire sur Yitzhak Rabin… » C’est ainsi qu’Amos Gitai revient, sous une forme poétique, sur son compagnonnage avec l’homme des accords d’Oslo et prix Nobel de la paix.

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Déportés, leur ultime transmission

Karine Sicard Bouvatier
Eds De La Martiniere

À l’heure où les voix des rescapés de la déportation s’éteignent, transmettre leur témoignage est une priorité. Karine Sicard Bouvatier, photographe et auteur, a organisé de vibrantes rencontres entre des femmes et des hommes survivants des camps et des jeunes d’aujourd’hui. Au cours de ces entretiens, ils racontent avec des mots simples ce qu’ils ont vécu au même âge et délivrent un précieux témoignage faisant de leur jeune interlocuteur un relai vers l’avenir.

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Dialogue en solitaire
Martin Buber et le christianisme

Hans Urs Von Balthasar
Noémie Monico  
Ed : Johannes Verlag

Une contribution très précoce et toujours actuelle au dialogue judéo-chrétien.

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Archéologie du judaïsme en France

Paul Salmona
Coédition La Découverte / Inrap

Grâce aux données de l’archéologie, cet ouvrage de référence, richement illustré, redonne sa place dans l’histoire de France à une communauté très ancienne, « point aveugle » du récit national.

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Étude sur le traitement du conflit israélo-arabe dans les manuels d’Histoire

 

Le Bnaï Brith France vient de publier une étude réalisée par la Commission nationale Israël, présidée par Véronique Hauptschein, sur le thème des « Représentations du conflit israélo-arabe dans les manuels d’Histoire de classe Terminale ».

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Demain au creux de nos mains
Magda Hollander-Lafon

Magda Hollander-Lafon a témoigné devant près de 20 000 enfants de son expérience de la Shoah. Elle livre ici une magnifique méditation sur le sens de cette transmission : comment transmettre une mémoire qui ne soit pas douloureuse pour l’autre, mais qui l’appelle à la vie ?
Le témoignage est une rencontre pour Magda Hollander-Lafon. Ainsi les jeunes l’ont aidée à accueillir la mémoire des camps et à la transformer en appel à la vie. Au fil des années, elle a construit une méthode qui ressemble à une philosophie de vie : poser des questions pour rejoindre l’autre au cœur de son expérience et l’appeler au meilleur de lui-même.
Un texte vibrant d’humanité et de confiance dans les jeunes générations.

Recension de Bruno CHARMET : ICI

Monsieur Romain Gary
Consul général de France
1919 Outpost Drive
Los Angeles 28, California             Kerwin Spire

Lorsqu’en février 1956 Romain Gary arrive à Los Angeles, le compagnon de la Libération n’a pas encore eu le Goncourt pour Les racines du ciel et n’a pas commencé à écrire La promesse de l’aube. Durant les quatre années où il exerce le poste de consul général de France dans la Cité des Anges se nouent tous les fils d’une histoire hollywoodienne qui va bouleverser à la fois l’homme et son œuvre. Monsieur Romain Gary est le récit de la transformation d’un homme qui, par-delà ses multiples vies, cherche toujours à se réinventer. C’est aussi la fresque d’une époque intense sur laquelle souffle un grand vent de liberté.

 

L’homme juste
Dominique Missika, Maurice Szafran  Ed Tallandier

Robert Badinter occupe une place aussi singulière qu’importante au sein de la société française. Un homme juste. Celui qui a aboli la peine de mort et qui, à ce titre, figure déjà dans les livres d’histoire. Avocat, professeur d’université, ministre de la Justice, président du Conseil constitutionnel, sénateur, essayiste, Robert Badinter s’est toujours refusé à écrire ses mémoires, lui qui aime tant cultiver le secret. Qui sait que son destin s’est joué un jour de février 1943 quand, à Lyon, la Gestapo a arrêté son père ? Qui connaît la véritable nature de sa longue amitié avec François Mitterrand ? D’où vient cette volonté tenace de combattre l’injustice ? Comment devient-on la dernière icône de la gauche française ? Robert Badinter s’est confié aux auteurs, l’une historienne, l’autre journaliste, expliquant en particulier ses combats. Répondait-il à toutes leurs questions ? À sa façon. D’où ce portrait, cet essai biographique à la fois fouillé et critique d’un personnage hors du commun.

 

Jacob
Simon Berger  Gallimard

Jacob, c’est un garçon voyageur, un jeune vannier, un Bohémien ; un Yéniche. Mais la famille de Jacob ne voyage plus ; ses parents préfèrent rester en Auvergne, dans la roulotte, avec les enfants et les paniers qu’ils vendent. Un jour, Jacob se fait photographier. Jacob est beau et la photo garde la mémoire de cette grâce qui lui fut accordée. De cette grâce injuste qui devrait lui offrir une vie préservée de la violence de sa tribu.
D’ailleurs un homme cultivé entreprend de l’en arracher, et de le polir, comme un diamant trop brut. Jacob, c’est un jeune garçon qui fut beau et qu’un bourgeois voulut tirer de sa gangue. Jacob, c’est toi.

S. B.

L’Adversaire privilégié
Heidegger, les juifs et nous
Joseph COHEN et Raphael ZAGURY-ORLY

éd. Galilée, 2021, 197 p., 18 €

Lire l’analyse de Bruno Charmet : ICI

 

JEUNESSE, Pierre Nora, Gallimard

Il a été  un enfant  juif  pendant la guerre.  Dans son  dernier livre,  « Jeunesse »,  Pierre Nora (°)  raconte sa vie d’alors.

Il est le dernier d’une fratrie de quatre enfants. Après l’hiver de la « drôle de guerre » ,  (en 1940) la famille  quitte Paris, traverse Bordeaux,  arrive  à Hendaye mais  ne peut passer en Espagne….. le père a été mobilisé,  la mère et les enfants, dont deux grands frères,   se  retrouvent à Grenoble, puis Villard-de-Lans .  Quand ils sont convoqués  pour le  STO,  (Service du Travail Obligatoire en Allemagne), les deux  ainés  vont rejoindre le maquis du Vercors.   Le père, médecin, chef de service  à  l’hôpital Rothschild, ancien combattant de la guerre de 14-18,   n’a jamais abandonné son poste. Il restera toujours très discret sur son action, mais a participé au sein même de son hôpital au sauvetage  de très, très nombreux  juifs.

Académicien, historien, éditeur, Pierre Nora rapporte   dans cet ouvrage    des éléments  de   sa vie professionnelle  et amoureuse, il parle aussi de son judaïsme.  Après la guerre, il se dit choqué par ce qui pourrait paraitre comme un retour à une vie « normale ». Il  refuse de faire sa Bar Mitzvah, qu’avaient fait en leur  temps ses deux grands frères. Il  vit  éloigné de toute pratique religieuse. Pourtant, en juin 1967 (°°),   il ne pourra  supporter de voir Israël attaqué, il part  et  s’engage .

L’auteur est certes une personnalité hors du commun et son univers n’est pas banal.

Il le précise bien . Dans  ce livre,  qui ne sont pas des Mémoires  au strict sens du terme, il a rassemblé « ce qui lui était le plus cher » . Et si l’un des chapitres est exclusivement consacré au judaïsme,  on rencontre au cours de tel ou tel épisode de cette vie, riche en aventures de tous ordres, des rencontres avec le judaïsme et la judéité. Autant de pépites  qui  donnent une  indéniable  saveur   à cette « jeunesse ».

(°) Historien, membre de l’Académie française, éditeur

(°°) Guerre des 6 jours, qui opposa Israël à l’Égypte, la Jordanie et la Syrie, épisode majeur du  conflit israélo – arabe

 

Ô vous frères humains  Albert Cohen Folio

« Octobre 2021 marquera le quarantième anniversaire de la mort d’Albert Cohen. » Ainsi débute un article de la revue « Actualité Juive » qui consacre de très belles pages à l’œuvre magistrale de ce grand écrivain. Parmi ses nombreux ouvrages, on ne manquera pas de conseiller la lecture de « Ô vous frères humains ». En effet, Albert Cohen revient sur l’épisode traumatisant de son enfance, quand, à l’âge de dix ans, il fut victime d’insultes antisémites. Il dénonce une haine désespérément vivace et conduit son lecteur sur les chemins de la fraternité

 

L’Affaire Dreyfus « Une histoire médiatique »
Les Études du Crif

Dans le cadre de la belle collection « Études du Crif », Alain Pagès, professeur émérite de la Sorbonne, consacre un passionnant document sous l’angle de sa résonance médiatique à la fin du XIX° siècle. On notera, avec beaucoup d’intérêt, que l’Affaire fut médiatisée avec nombre de fausses informations et de manipulation des faits. Phénomène comparable à ce qui se répand sur les réseaux sociaux aujourd’hui.

 

Jérusalem Magazine année 0  et Jérusalem Magazine An 33

Bernard Lecomte Les éditions du Cerf

Les journalistes de Jérusalem Magazine enquêtent : témoignages, entretiens, reportages, documents exclusifs…

Traité sur le mode de l’actualité et selon les codes de la presse, cet ouvrage couvre ce formidable événement et son contexte du point de vue international, politique, culturel, touristique, pratique. Avec exactitude, humour et empathie.

Une sensationnelle façon de découvrir le monde de Jésus et de fêter Pâques.

Journaliste et historien, Bernard Lecomte a notamment publié Les secrets du Vatican, Le pape qui a vaincu le communisme ainsi qu’une biographie de Jean-Paul II qui fait autorité. Il parraine la collection de bandes dessinées Un Pape dans l’Histoire (Glénat/Le Cerf).

 

Jésus et Judas
Amos Oz  Grasset

Le grand écrivain Amos Oz, récemment disparu, s’est intéressé à la figure du traître toute sa vie – comme son œuvre romanesque en témoigne. Dans un discours prononcé à Berlin en 2017, il a voulu revenir sur le plus célèbre d’entre eux, et réfléchir au rôle qu’a joué la prétendue trahison de Jésus par Judas dans la naissance de l’antisémitisme chrétien.

 

En préambule, la rabbin Delphine Horvilleur s’adresse directement à l’auteur disparu, dans une émouvante lettre. Elle nous offre un éclairage passionnant de la conférence d’Amos Oz, en nous parlant des prophètes et des traîtres, du rôle de la littérature dans nos vies, et du besoin de dialogue pour surmonter les fanatismes de toute sorte.

 

Vivre avec nos morts
Delphine Horvilleur   Grasset

«  Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis…  »
Être rabbin, c’est vivre avec la mort  : celle des autres, celle des vôtres. Mais c’est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui restent  :   «  Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à celui qui entend l’histoire pour la première fois des clefs inédites pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés d’hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont besoin de récits.  »
A travers onze chapitres, Delphine Horvilleur superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés  : le récit, la réflexion et la confession. Le récit d’  une vie interrompue (célèbre ou anonyme),   la manière de donner sens à cette mort à travers telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l’évocation d’une blessure intime ou la remémoration d’un épisode autobiographique dont elle a réveillé le souvenir enseveli.
Nous vivons tous avec des fantômes  : «  Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des histoires qu’on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que nous parlons.  » Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants et les morts. «  Le rôle d’un conteur est de se tenir à la porte pour s’assurer qu’elle reste ouverte  » et de permettre à chacun de faire la paix avec ses fantômes…

 

Judaïsme et christianisme dans la philosophie contemporaine
Danielle Cohen-Lévinas  et  Philippe Capelle  Édition du Cerf

La modernité a pu proclamer la mort de Dieu, mais il n’y aurait pas de philosophie contemporaine sans les apports juifs et chrétiens. Sur un siècle d’histoire de la pensée, cette somme sans précédent révèle l’inconscient refoulé de l’Occident.

Couverture livre

La relation entre les deux traditions du judaïsme et du christianisme a fait l’objet, depuis le début du xxe siècle, d’approches philosophiques fondamentales que le présent ouvrage s’efforce de réunir et de ressaisir. De Rosenzweig à Levinas, de Bergson à Maritain, de Péguy à Sartre et de Simone Weil à Ricoeur, c’est une constellation théorique singulièrement contrastée qui s’y manifeste, mettant en lumière une histoire philosophique inspiratrice de notre espace religieux et politique. Il ne s’agit cependant pas ici de rejouer philosophiquement les antagonismes historiques. Les textes rassemblés dans ce volume posent en effet de manière irréductible la question : qui est l’autre ? À quels types d’altérations et de complémentarités la pensée est-elle ici confrontée ? Il ne saurait donc être question d’autre chose que de trouver une orientation et une signification là où les déterminations historiques ont parfois recouvert ce qu’il est permis d’appeler l’exception judéo-chrétienne.