Chavouot

 Fête de la révélation de Dieu au Sinaï
et du don de la Tora à Moïse.

Chavouot se situe sept semaines après la fête de Pâque.

 Les sources bibliques

Les prémices

Les prémices

Chavouot est l’une des trois fêtes de pèlerinage du calendrier liturgique juif.

A l’origine, ces fêtes avaient un caractère agricole et s’inscrivaient dans le cycle de la nature. Plus tard, y ont été greffées les grandes étapes de la révélation de Dieu à son peuple.

En hébreu, le mot chavouot veut dire semaines. Cette fête tire son nom du décompte des semaines qui la séparent de la fête de Pessah (une semaine de semaines, soit sept fois sept semaines).  A l’époque du Temple, c’était la « fête des prémices » pour laquelle les Enfants d’Israël se rendaient en pèlerinage à Jérusalem, conformément aux prescriptions de la Tora : »Tu observeras la fête de la Moisson, des premiers fruits de ton travail, de ce que tu auras semé dans les champs « (Ex 23, 16)

Chaque famille ou clan apportait au Temple quelques gerbes de blé, en signe d’action de grâce : « Tu compteras sept semaines ; c’est à partir du jour où on se met à faucher la moisson que tu compteras les sept semaines. Puis tu célébreras la fête des Semaines pour le Seigneur ton Dieu, en apportant des dons spontanés à la mesure des bénédictions dont le Seigneur ton Dieu t’aura comblé. Au lieu que le Seigneur ton Dieu aura choisi pour y faire demeurer son nom, tu seras dans la joie devant le Seigneur ton Dieu, avec ton fils, ta fille, ton serviteur, ta servante, le lévite qui est dans tes villes, l’émigré, l’orphelin et la veuve qui sont au milieu de toi. Tu te souviendras qu’en Égypte tu étais esclave, tu garderas ces lois et tu les mettras en pratique  » (Dt 16, 9-12)

Vers le 4e siècle de notre ère, cette fête a été mise en rapport avec  l’événement crucial de l’histoire d’Israël : le don de la Tora sur le mont Sinaï.  C’est ainsi que Chavouot  est aujourd’hui désignée dans la liturgie synagogale : la fête du don de la Tora.

 Le déroulement de la fête

Chavouot  souligne le caractère fondamental et fondateur de la sortie d’Égypte et du don de la Tora à Moïse. En effet, les cinquante jours qui s’écoulent entre Pessah et Chavouot préparent le peuple à accueillir la Tora dans un esprit de gratuité et de reconnaissance et à entrer dans une alliance irrévocable avec Dieu en  s’engageant dans son dessein de salut. L’enjeu de la sortie d’Égypte est bien le Don de la Tora.

Par des prières et des chants, les juifs évoquent  la sortie d’Égypte puis la révélation de Dieu à Israël. Ils célèbrent le passage de la servitude au service, de l’esclavage à la  liberté et donnent à entendre que la libération opérée par Dieu se reçoit à travers l’obéissance à la Tora.

Il est d’usage, dans les milieux juifs les plus religieux, de consacrer toute la nuit qui précède la fête à l’étude de la Parole de Dieu. C’est le tiqqoun (ou réparation), acte par lequel on cherche à rendre meilleur, à parfaire le monde créé par Dieu.

Le jour-même, les fidèles réunis à la synagogue écoutent la lecture des « Dix Paroles » (ou Décalogue), encadrée par les deux bénédictions suivantes :

Avant la lecture : « Sois béni, Seigneur notre Dieu, roi de l’univers, qui nous a choisi parmi tous les peuples et nous a donné ta Tora. Sois béni, Seigneur, qui donne la Tora. »

Après la lecture : « Sois béni, Seigneur notre Dieu, roi de l’univers, qui nous a donné ta Tora, une Tora de vérité, et qui a implanté en nous une vie éternelle. Sois béni, Seigneur, qui donne la Tora ».[1]

1024px-Julius_Schnorr_von_Carolsfeld-_Ruth_im_Feld_des_BoazLa célébration comporte aussi  comme Haftara la lecture du livre de Ruth, dont l’action se déroule « au temps de la moisson ». C’est  l’histoire de Ruth la Moabite qui s’intègre au peuple d’Israël en adoptant la foi au Dieu unique et deviendra ainsi l’ancêtre du roi David.

Ainsi apparaît en toute clarté le lien profond qui unit la fête chrétienne de la Pentecôte à  la fête juive de Chavouot.

 

[1] Le passage de la 2e à la 3e personne, courant dans le libellé des bénédictions juives, n’est pas une erreur. Il reflète la relation du croyant à Dieu, un Dieu qu’il sait  à la fois proche (d’où l’emploi du « tu ») et transcendant (d’où l’emploi du « il »).

 

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