Rosh Hashana

rosh hashana

C’est le début de l’année pour les juifs. On y célèbre la création du monde et le « sacrifice » d’Isaac.
Et chacun est invité à se tourner vers Dieu.

L’origine de la fête

Rosh HaShana (littéralement : la tête de l’année) se fête à l’automne, le premier jour du mois de Tishri, premier mois de l’année civile.

Or, dans la Bible, en Ex12,2,  on trouve l’expression rosh hodashim (littéralement : la tête des mois) : « Ce mois-ci (Nisan) est pour vous le commencement des mois ; il sera pour vous le premier des mois de l’année ».
Pourquoi donc célébrer Rosh HaShana au mois de Tishri, appelé dans la Bible et le Talmud  le septième mois de l’année ?
Cet usage remonte probablement au temps de l’exil à Babylone, le mot « Tishri » signifiant en akkadien « commencement ».

Si la fête de Rosh HaShana dure deux jours, c’est pour des raisons historiques.  En effet, le début du mois, donc de l’année, était autrefois fixé par le Sanhédrin, averti par des témoins oculaires de l’apparition de la nouvelle lune. Or, celle-ci n’étant pas toujours observable avec précision, on avait imposé la coutume de faire deux jours de fête, afin de tenir compte de cette situation de doute. Cette coutume a subsisté, même après l’adoption du nouveau mode de calcul du calendrier.

Les sources bibliques 

« L’Éternel parla à Moïse en ces termes : parle ainsi aux enfants d’Israël. Au 7e mois, le 1er jour du mois, aura lieu pour vous un repos solennel, commémoration par une fanfare (terou’a), convocation sainte. » Lev 23,24 .

La tradition juive attribue à Rosh HaShana plusieurs significations :

  • C’est d’abord le jour du jugement, où Dieu considère et pèse les actes de chacun.
  • C’est aussi le jour où l’on célèbre l’anniversaire de la création du monde et de l’homme.
  • C’est enfin le jour où, depuis l’époque talmudique, on commémore le « sacrifice » d’Isaac, afin que ce dernier intercède auprès de Dieu en faveur de ses descendants.

Entre le 1er et le 10e jour de Tishri, se déroulent les « jours redoutables » (yamim nora’im), pendant lesquels le jugement de Dieu, inscrit sur le livre de Vie à Rosh HaShana, est suspendu pour permettre à l’homme de se repentir de ses fautes. Ce sont des jours marqués par la crainte de Dieu, c’est-à-dire la conscience de sa transcendance et de la nécessité pour chaque croyant de se réconcilier avec son prochain, Dieu ne pouvant pardonner que les offenses commises envers lui. La Tora orale ne sépare jamais la crainte de l’amour. Dans la relation de l’homme à Dieu, l’amour ne peut pas aller sans la crainte. Un amour non lié à la crainte est une passion instinctive qui ne respecte pas l’être. Inversement, on lit dans un commentaire juif (midrash Sifré) sur Dt 6, 5 : « Celui qui craint sans aimer est celui qui a peur. Toi, agis par amour. »

Le mot teshouva est dérivé de la racine shouv qui signifie revenir, se retourner (vers Dieu après avoir péché)
Cette démarche de retour vers Dieu est source de joie :
« Fais-moi revenir et je reviendrai car tu es le Seigneur » Jér 31,18.
 » Fais-nous revenir et nous serons sauvés » Ps 80, 4
« Une lumière est semée pour le juste, et pour le cœur simple, une joie » Ps 97, 11
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La liturgie

Les lectures :

Elles sont composées de textes issus de deux livres de la Bible: la Torah et les Prophètes.

  • Le premier jour, on lit la naissance d’Isaac (Gn 21) dans la Tora et celle de Samuel (I Samuel 1, 1-2), Dieu se souvient et fait miséricorde à Sara et à Hana. On sonne alors le shofar.
  • Le deuxième jour, lecture du sacrifice (ou plutôt « ligature ») d’Isaac ( Gn 22) , et le renouvellement du peuple d’Israël, (Jérémie 31)

Les rites

  • shofar2Le shofar : La sonnerie du shofar ouvre et clôt la période de pénitence, depuis le premier jour de Rosh Hashana jusqu’au soir de Kippour (le 10 du mois de Tishri).
  • Le shofar doit être une corne de bélier en souvenir de l’animal qui a été immolé à la place d’Isaac. Dieu sauve à cause du mérite des patriarches, en particulier d’Isaac qui aurait demandé à son père de le lier.
  • Le  geste du tashlikh , (dans certaines traditions)
    A la fin du 2e jour de Rosh Hachana, à l’issue de Minha (office de l’après-midi), on jette symboliquement ses péchés à la mer ou dans une rivière en y vidant ses poches.
  • Comme pour le shabbat et les jours de fête,il y a un office supplémentaire du nom de moussaf .

 

Les prières

La plus connue est le Aleinou qui chante la gloire de Dieu. Ainsi, au premier paragraphe : « Le siège de sa gloire est au ciel, en haut, et sa puissance réside au plus haut des hauteurs ».
Il est probable que Jésus ait connu cette prière car, pour les historiens de la liturgie, elle remonte à la période du Second Temple (Joseph Heinemann).

Les traditions alimentaires

A Rosh HaShana, il est traditionnel d’accompagner les aliments que l’on consomme d’un vœu symbolique.
Ainsi :

  • Une pomme trempée dans du miel, par le souhait : « que ta volonté soit, Seigneur, que se renouvelle pour nous une bonne et douce année ».
  • Des dattes, par : « que nous soyons droits comme un dattier ».
  • Une grenade, par : « que nos mérites soient nombreux comme les grains de la grenade ».
  • Des blettes (en hébreu selek qui veut dire aussi « disparaître ») par : « que disparaissent nos ennemis et tentateurs » etc.
    Les coutumes varient selon les communautés.