Pessah

fuite d'EgypteLa Pâque célèbre la libération des Hébreux de l’esclavage et la sortie d’Égypte, sous la conduite de Moïse.

Faisant mémoire de cet acte, les croyants l’actualisent.

 

La Pâque est, avec Shavouot  (Pentecôte) et Soukkot (fête des Tentes),  l’une des trois fêtes dites « de pèlerinage » qui marquaient  chaque année la montée de tout le peuple d’Israël au Temple de Jérusalem.

Les sources bibliques

Voici ce que relate la Bible : les Hébreux, poussés par la famine, sont descendus en Égypte et y sont devenus esclaves de Pharaon. Or, au Sinaï, Moïse reçoit de Dieu la mission de délivrer son peuple. C’est pour fléchir Pharaon et faciliter la tâche de Moïse que Dieu envoie successivement sur l’Égypte dix « plaies ». Le massacre des nouveau-nés est la dixième plaie dont Dieu va préserver les enfants d’Israël en épargnant leurs maisons. Le mot Pessah (Pâque), qui signifie en hébreu saut ou passage, désigne précisément cet acte de salut opéré par Dieu.

du Livre de l’Exode 12, 1-16:Le Seigneur dit à Moïse et Aaron dans le pays d’Égypte (…) : Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël :
Le dix de ce mois, que l’on prenne une bête par famille, une bête par maison (…) Vous aurez une bête sans défaut, mâle, âgée d’un an. Vous la prendrez parmi les agneaux ou les chevreaux. Vous la garderez jusqu’au quatorzième jour de ce mois. Toute l’assemblée de la communauté d’Israël l’égorgera au crépuscule. On prendra du sang : on en mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on la mangera.On mangera la chair cette nuit-là (…) Mangez-la ainsi  : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous la mangerez à la hâte.
C’est la Pâque du Seigneur.
Je traverserai le pays d’Égypte cette nuit-là. Je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, de l’homme au bétail (…) Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, je passerai par-dessus vous, et le fléau destructeur ne vous atteindra pas quand je frapperai le pays d’Égypte.
Ce jour-là vous servira de mémorial. Vous ferez ce pèlerinage pour fêter le Seigneur. D’âge en âge – loi immuable – vous le fêterez.
Pendant sept jours vous mangerez des pains sans levain (…)
Au premier jour vous aurez une réunion sacrée. Au septième jour, il en sera de même
.”

du Livre du Deutéronome 16, 1-3: “Observe le mois des épis et célèbre la Pâque pour le Seigneur ton Dieu, car c’est au mois des épis que le Seigneur ton Dieu t’a fait sortir d’Égypte, la nuit.
Tu feras le sacrifice de la Pâque pour le Seigneur ton Dieu, avec du petit et du gros bétail, au lieu que le Seigneur aura choisi pour y faire demeurer son nom. Tu ne mangeras pas à ce repas du pain levé ; pendant sept jours, tu mangeras des pains sans levain – du pain de misère car c’est en hâte que tu es sorti du pays d’Égypte – pour te souvenir, tous les jours de ta vie du jour où tu es sorti du pays d’Égypte.”

Dans le Deutéronome, Dieu a réalisé l’annonce faite dans le livre de l’Exode.

 Il est important de noter que c’est le sang des agneaux immolés qui a servi de signe à Dieu pour accomplir son œuvre de salut. Voilà pourquoi l’agneau est toujours aujourd’hui l’un des principaux symboles de la Pâque.
Un autre symbole est le pain sans levain qui rappelle la hâte avec laquelle les Hébreux sont sortis d’Égypte.

On voit que, depuis des temps immémoriaux, le monde juif célèbre la Pâque qui est tout entière rappel du passé, de l’intervention par laquelle Dieu, « d’une main forte et d’un bras puissant », a libéré son peuple pour le faire entrer en Terre promise.
Mais elle est aussi et peut-être surtout un mémorial, une actualisation de cet événement essentiel de l’histoire d’Israël. Il s’agit pour chacun de « faire mémoire », c’est-à-dire d’accueillir vraiment, aujourd’hui, la libération qui vient de Dieu : Dieu a sauvé hier, il sauve aujourd’hui ; il me sauve aujourd’hui, il me sauvera demain.

La célébration de la fête dans les Écritures

C’est dans le Livre des Chroniques que l’on trouve l’évocation la plus ancienne de la fête qui se déroulait, évidemment, au Temple de Jérusalem.
Ezékias invita tout Israël et Juda – il écrivit même des lettres pour Ephraïm et Manassé – à venir à la Maison du Seigneur à Jérusalem pour célébrer la Pâque du Seigneur, le Dieu d’Israël. (…) Un peuple nombreux se réunit à Jérusalem pour célébrer la fête des pains sans levain au second mois : c’était une assemblée extrêmement nombreuse. Ils se mirent à détruire les autels à sacrifices qui étaient à Jérusalem, ainsi que tous les autels à encens, et ils les jetèrent dans le ravin du Cédron. Ils immolèrent la Pâque au quatorzième jour du second mois.” (II Ch 30, 1 et ss)

“Josias célébra la Pâque du Seigneur à Jérusalem et on immola la Pâque au quatorzième jour du premier mois”
(
II Ch 35, 1 et ss).

Au temps de Jésus, la tradition de se rendre à Jérusalem pour les trois fêtes qui jalonnent l’année était déjà bien établie. Comme en témoigne l’évangéliste Luc, Marie et Joseph, en bons juifs, emmenèrent Jésus enfant à Jérusalem pour la Pâque :
Ses parents allaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque.” (Lc 2, 41-42a)

Il semble bien que Jésus soit resté fidèle à cette tradition tout au long de sa vie publique (cf. Mt 26, 17-19).

Le déroulement de la fête aujourd’hui

Aujourd’hui en Israël, comme au temps de Jésus, la fête dure sept jours, du 15 au 21 Nissan inclus.

La veille de la fête a lieu le rite de la bediqa (examen) au cours duquel le père de famille s’assure qu’il ne reste aucune trace de pâte levée dans la maison. Ce rite est plus qu’une recherche, car extirper le levain de sa maison, c’est, expliquent les rabbins, extirper le mauvais penchant de son cœur.
Et c’est précisément ce que saint Paul écrira : “Célébrons donc la fête, non pas avec du vieux levain, ni du levain de méchanceté et de perversité, mais avec des pains sans levain, dans la pureté et dans la vérité.3 (I Co 5, 8).pain azyme

Pendant sept jours (comme le prescrivent Ex 12, 15 et Dt 16, 3) on ne consomme plus de pain, mais des matsot (pains azymes, c’est-à-dire sans levain) .

La première nuit, après l’office du soir, la famille, à laquelle peuvent se joindre des amis, se retrouve autour d’une table particulièrement bien décorée pour célébrer un repas liturgique ou seder, qui est le sommet de la fête.

plat seder Pâque2

Sur le plateau du seder sont préparés des mets symboliques. On consomme ces mets selon un ordre déterminé (c’est le sens du mot seder) en lisant un livre relatant la sortie d’Égypte, appelé la haggada (mot dérivé de la racine hébraïque qui veut dire raconter).Parmi les mets présents sur la table, il faut citer l’os d’agneau, les herbes amères et les pains azymes.

question enfnat Un rôle central est donné à l’enfant tout au long de ce repas car c’est à lui que la Tora destine le récit (cf. Ex 13, 8 ; Dt 6, 4).

Pendant le repas, on boit aussi quatre coupes de vin qui correspondent aux quatre étapes de la délivrance. C’est en vidant la quatrième coupe que l’on s’adresse les uns aux autres le voeu bien connu de : beshana haba’a biroushalayim (l’an prochain à Jérusalem). Une cinquième coupe est préparée pour Elie le prophète qui, selon la prophétie de Malachie, est l’annonciateur à venir du salut final (cf. Ml 3, 23-24).

Le repas pascal est ponctué de prières et de chants traditionnels par lesquels Israël réaffirme sa reconnaissance à Dieu, son bonheur de croire et sa joie d’attendre fidèlement et activement son Messie.

A partir du deuxième jour de la fête commence le sfirat haomer (décompte de l’omer) soit les cinquante jours qui doivent s’écouler, selon Lev 23, 15-16, avant la présentation d’une offrande nouvelle (qui se fera à Shavouot).

Le septième jour, on lit à la synagogue le Cantique des Cantiques, texte que la tradition juive a toujours interprété comme un dialogue d’amour entre Dieu et son peuple.