Pur et impur

Pureté et impureté sont des notions propres au judaïsme.  Ce sont des notions clés de la sainteté exigée par Dieu (Lv 11, 45 ; Lv 19,1..) “soyez saints car je suis saint, moi le Seigneur, votre Dieu”.
L’exigence de pureté est, de fait, un préalable à la sainteté.

Elle passe par la vigilance à l’égard de ses pulsions, de ses désirs, de ses pensées et les prophètes ont toujours insisté sur l’intériorisation qui mène à la pureté des cœurs. C’est l’objet de la prière du roi David : « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu » (Ps 51, 12).
Dans le Talmud on trouve également le lien qui relie la pureté au développement moral de l’homme : “La pureté est l’une des étapes sur le chemin de l’esprit de sainteté” (AZ20b) .

Pureté et impureté relèvent du domaine rituel et non moral.

La source de la pureté est la vie elle-même. La source de l’impureté est la mort. De ce fait, sont considérées impures :
– les personnes qui ont été en contact avec un cadavre (Lv 11,24…Lv11, 37…)
– les femmes pendant la période menstruelle  (Lv15) et les hommes ayant un écoulement séminal involontaire, car il y a perte de vie potentielle (Lv15..)
– les personnes atteintes de lèpre ou autre maladie de peau. (Lv 13…)
– les personnes se livrant à la pratique de certains comportements sexuels (Lv18..)

Tout contact avec le sang, symbole de la vie donnée par Dieu , rend impur. (Lv17,11..)

Pour les personnes impures, s’imposent alors des rites de purification, parmi lesquels l’immersion dans un bain rituel (miqvé), l’incinération, la mise en quarantaine.

L’insistance du judaïsme sur les règles relatives à la pureté et l’impureté, même si dès l’époque des tannaïm certaines lois furent suspendues, témoigne de l’importance primordiale donnée à la vie.

Pur et impur dans le Nouveau Testament

Nombreux sont les récits où Jésus guérit des personnes en état d’impureté : lépreux  (Mc 1, 40-44…), femme souffrant d’hémorragie (Lc 8, 43-48…) ; Jésus accompagne ces guérisons d’une injonction à accomplir les rites de purification prescrits par la loi, qui permettront de réintégrer la communauté.

Dans le même esprit que les prophètes, Jésus parle de la question de la pureté en se référant aussi aux lois alimentaires(Mc 7, 14-23) : “il n’y a rien d’extérieur à l’homme qui puisse le rendre impur en pénétrant en lui [..] ce qui sort de l’homme c’est cela qui rend l’homme impur. En effet, c’est de l’intérieur, c’est du cœur des hommes que sortent les intentions mauvaises.[.] tout ce mal sort de l’intérieur et rend l’homme impur”.