Livres

Une recension des livres que nous avons aimés !

1941 – Résister, s’organiser

Revue Les Chemins de la Mémoire – n° 273 – Hiver 2021
Cécile Vast – Docteur en histoire, Université de Franche-Comté

« Si les événements de l’année 1941 sont souvent passés sous silence, ils n’en restent pas moins décisifs, tant sur le sol français qu’à l’extérieur de celui-ci. En effet, c’est bien dès 1941 que les premiers mouvements de résistance civile et militaire se structurent et font, dans le même temps, l’expérience de la répression »

Le dossier sur le site chemindememoire.gouv.fr

 

UNE VIE CHRETIENNE A L’ECOUTE D’ISRAËL

Pierre Lenhardt     éd. Parole et Silence

L’impardonnable

de Danielle-Esther Cohen-Levinas   Cerf

Danielle Cohen-Levinas opère dans son essai un retournement. Au travers de quelques figures majeures de la philosophie contemporaine et de la pensée juive, elle passe au crible la question de l’impardonnable, à savoir comme limitation aux multiples apories du pardon.

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Amos Gitai – Yitzhak Rabin
Chroniques d’un assassinat

Coédition Gallimard/Bibliothèque nationale de France
Hors série Connaissance, Gallimard

« Je me suis assis à ma table pour tenter d’écrire sur Yitzhak Rabin… » C’est ainsi qu’Amos Gitai revient, sous une forme poétique, sur son compagnonnage avec l’homme des accords d’Oslo et prix Nobel de la paix.

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Déportés, leur ultime transmission

Karine Sicard Bouvatier
Eds De La Martiniere

À l’heure où les voix des rescapés de la déportation s’éteignent, transmettre leur témoignage est une priorité. Karine Sicard Bouvatier, photographe et auteur, a organisé de vibrantes rencontres entre des femmes et des hommes survivants des camps et des jeunes d’aujourd’hui. Au cours de ces entretiens, ils racontent avec des mots simples ce qu’ils ont vécu au même âge et délivrent un précieux témoignage faisant de leur jeune interlocuteur un relai vers l’avenir.

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Dialogue en solitaire
Martin Buber et le christianisme

Hans Urs Von Balthasar
Noémie Monico  
Ed : Johannes Verlag

Une contribution très précoce et toujours actuelle au dialogue judéo-chrétien.

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Archéologie du judaïsme en France

Paul Salmona
Coédition La Découverte / Inrap

Grâce aux données de l’archéologie, cet ouvrage de référence, richement illustré, redonne sa place dans l’histoire de France à une communauté très ancienne, « point aveugle » du récit national.

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Étude sur le traitement du conflit israélo-arabe dans les manuels d’Histoire

 

Le Bnaï Brith France vient de publier une étude réalisée par la Commission nationale Israël, présidée par Véronique Hauptschein, sur le thème des « Représentations du conflit israélo-arabe dans les manuels d’Histoire de classe Terminale ».

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Demain au creux de nos mains
Magda Hollander-Lafon

Magda Hollander-Lafon a témoigné devant près de 20 000 enfants de son expérience de la Shoah. Elle livre ici une magnifique méditation sur le sens de cette transmission : comment transmettre une mémoire qui ne soit pas douloureuse pour l’autre, mais qui l’appelle à la vie ?
Le témoignage est une rencontre pour Magda Hollander-Lafon. Ainsi les jeunes l’ont aidée à accueillir la mémoire des camps et à la transformer en appel à la vie. Au fil des années, elle a construit une méthode qui ressemble à une philosophie de vie : poser des questions pour rejoindre l’autre au cœur de son expérience et l’appeler au meilleur de lui-même.
Un texte vibrant d’humanité et de confiance dans les jeunes générations.

Monsieur Romain Gary
Consul général de France
1919 Outpost Drive
Los Angeles 28, California             Kerwin Spire

Lorsqu’en février 1956 Romain Gary arrive à Los Angeles, le compagnon de la Libération n’a pas encore eu le Goncourt pour Les racines du ciel et n’a pas commencé à écrire La promesse de l’aube. Durant les quatre années où il exerce le poste de consul général de France dans la Cité des Anges se nouent tous les fils d’une histoire hollywoodienne qui va bouleverser à la fois l’homme et son œuvre. Monsieur Romain Gary est le récit de la transformation d’un homme qui, par-delà ses multiples vies, cherche toujours à se réinventer. C’est aussi la fresque d’une époque intense sur laquelle souffle un grand vent de liberté.

 

L’homme juste
Dominique Missika, Maurice Szafran  Ed Tallandier

Robert Badinter occupe une place aussi singulière qu’importante au sein de la société française. Un homme juste. Celui qui a aboli la peine de mort et qui, à ce titre, figure déjà dans les livres d’histoire. Avocat, professeur d’université, ministre de la Justice, président du Conseil constitutionnel, sénateur, essayiste, Robert Badinter s’est toujours refusé à écrire ses mémoires, lui qui aime tant cultiver le secret. Qui sait que son destin s’est joué un jour de février 1943 quand, à Lyon, la Gestapo a arrêté son père ? Qui connaît la véritable nature de sa longue amitié avec François Mitterrand ? D’où vient cette volonté tenace de combattre l’injustice ? Comment devient-on la dernière icône de la gauche française ? Robert Badinter s’est confié aux auteurs, l’une historienne, l’autre journaliste, expliquant en particulier ses combats. Répondait-il à toutes leurs questions ? À sa façon. D’où ce portrait, cet essai biographique à la fois fouillé et critique d’un personnage hors du commun.

 

Jacob
Simon Berger  Gallimard

Jacob, c’est un garçon voyageur, un jeune vannier, un Bohémien ; un Yéniche. Mais la famille de Jacob ne voyage plus ; ses parents préfèrent rester en Auvergne, dans la roulotte, avec les enfants et les paniers qu’ils vendent. Un jour, Jacob se fait photographier. Jacob est beau et la photo garde la mémoire de cette grâce qui lui fut accordée. De cette grâce injuste qui devrait lui offrir une vie préservée de la violence de sa tribu.
D’ailleurs un homme cultivé entreprend de l’en arracher, et de le polir, comme un diamant trop brut. Jacob, c’est un jeune garçon qui fut beau et qu’un bourgeois voulut tirer de sa gangue. Jacob, c’est toi.

S. B.

L’Éternité des Juifs
Armand Laferrère , Moshe Sebbag
Editeur Odile Jacob                                                      Parution 28/04/2021

Les civilisations naissent, se développent, déclinent et meurent. Le peuple juif, cependant, semble constituer une exception. En plus de trois mille ans d’existence – dont près de vingt siècles en exil –, il a maintenu presque inchangés ses traditions, son mode de vie et les principes de sa religion.
Moshe Sebbag et Armand Laferrère explorent les raisons de cette exception historique. Leur enquête décrit le modèle familial du peuple juif, ses idéaux politiques et sociaux, l’importance donnée à l’étude, la relation du peuple avec sa terre, le système de valeurs morales élaboré à travers les âges. Ils décrivent aussi la relation unique qui unit le peuple avec son Créateur.
En parcourant l’Histoire, mais aussi les textes de la Bible et du Talmud, les auteurs trouvent l’explication de la survie du peuple juif dans la vision unique du monde que ce peuple a forgée. Cette vision du monde a accompagné les Juifs à travers leur longue histoire et leur a permis d’échapper à l’extinction.

L’Adversaire privilégié
Heidegger, les juifs et nous
Joseph COHEN et Raphael ZAGURY-ORLY

éd. Galilée, 2021, 197 p., 18 €

Lire l’analyse de Bruno Charmet : ICI

 

JEUNESSE, Pierre Nora, Gallimard

Il a été  un enfant  juif  pendant la guerre.  Dans son  dernier livre,  « Jeunesse »,  Pierre Nora (°)  raconte sa vie d’alors.

Il est le dernier d’une fratrie de quatre enfants. Après l’hiver de la « drôle de guerre » ,  (en 1940) la famille  quitte Paris, traverse Bordeaux,  arrive  à Hendaye mais  ne peut passer en Espagne….. le père a été mobilisé,  la mère et les enfants, dont deux grands frères,   se  retrouvent à Grenoble, puis Villard-de-Lans .  Quand ils sont convoqués  pour le  STO,  (Service du Travail Obligatoire en Allemagne), les deux  ainés  vont rejoindre le maquis du Vercors.   Le père, médecin, chef de service  à  l’hôpital Rothschild, ancien combattant de la guerre de 14-18,   n’a jamais abandonné son poste. Il restera toujours très discret sur son action, mais a participé au sein même de son hôpital au sauvetage  de très, très nombreux  juifs.

Académicien, historien, éditeur, Pierre Nora rapporte   dans cet ouvrage    des éléments  de   sa vie professionnelle  et amoureuse, il parle aussi de son judaïsme.  Après la guerre, il se dit choqué par ce qui pourrait paraitre comme un retour à une vie « normale ». Il  refuse de faire sa Bar Mitzvah, qu’avaient fait en leur  temps ses deux grands frères. Il  vit  éloigné de toute pratique religieuse. Pourtant, en juin 1967 (°°),   il ne pourra  supporter de voir Israël attaqué, il part  et  s’engage .

L’auteur est certes une personnalité hors du commun et son univers n’est pas banal.

Il le précise bien . Dans  ce livre,  qui ne sont pas des Mémoires  au strict sens du terme, il a rassemblé « ce qui lui était le plus cher » . Et si l’un des chapitres est exclusivement consacré au judaïsme,  on rencontre au cours de tel ou tel épisode de cette vie, riche en aventures de tous ordres, des rencontres avec le judaïsme et la judéité. Autant de pépites  qui  donnent une  indéniable  saveur   à cette « jeunesse ».

(°) Historien, membre de l’Académie française, éditeur

(°°) Guerre des 6 jours, qui opposa Israël à l’Égypte, la Jordanie et la Syrie, épisode majeur du  conflit israélo – arabe

 

Ô vous frères humains  Albert Cohen Folio

« Octobre 2021 marquera le quarantième anniversaire de la mort d’Albert Cohen. » Ainsi débute un article de la revue « Actualité Juive » qui consacre de très belles pages à l’œuvre magistrale de ce grand écrivain. Parmi ses nombreux ouvrages, on ne manquera pas de conseiller la lecture de « Ô vous frères humains ». En effet, Albert Cohen revient sur l’épisode traumatisant de son enfance, quand, à l’âge de dix ans, il fut victime d’insultes antisémites. Il dénonce une haine désespérément vivace et conduit son lecteur sur les chemins de la fraternité

 

L’Affaire Dreyfus « Une histoire médiatique »
Les Études du Crif

Dans le cadre de la belle collection « Études du Crif », Alain Pagès, professeur émérite de la Sorbonne, consacre un passionnant document sous l’angle de sa résonance médiatique à la fin du XIX° siècle. On notera, avec beaucoup d’intérêt, que l’Affaire fut médiatisée avec nombre de fausses informations et de manipulation des faits. Phénomène comparable à ce qui se répand sur les réseaux sociaux aujourd’hui.

 

Jérusalem Magazine année 0  et Jérusalem Magazine An 33

Bernard Lecomte Les éditions du Cerf

Les journalistes de Jérusalem Magazine enquêtent : témoignages, entretiens, reportages, documents exclusifs…

Traité sur le mode de l’actualité et selon les codes de la presse, cet ouvrage couvre ce formidable événement et son contexte du point de vue international, politique, culturel, touristique, pratique. Avec exactitude, humour et empathie.

Une sensationnelle façon de découvrir le monde de Jésus et de fêter Pâques.

Journaliste et historien, Bernard Lecomte a notamment publié Les secrets du Vatican, Le pape qui a vaincu le communisme ainsi qu’une biographie de Jean-Paul II qui fait autorité. Il parraine la collection de bandes dessinées Un Pape dans l’Histoire (Glénat/Le Cerf).

 

Jésus et Judas
Amos Oz  Grasset

Le grand écrivain Amos Oz, récemment disparu, s’est intéressé à la figure du traître toute sa vie – comme son œuvre romanesque en témoigne. Dans un discours prononcé à Berlin en 2017, il a voulu revenir sur le plus célèbre d’entre eux, et réfléchir au rôle qu’a joué la prétendue trahison de Jésus par Judas dans la naissance de l’antisémitisme chrétien.

 

En préambule, la rabbin Delphine Horvilleur s’adresse directement à l’auteur disparu, dans une émouvante lettre. Elle nous offre un éclairage passionnant de la conférence d’Amos Oz, en nous parlant des prophètes et des traîtres, du rôle de la littérature dans nos vies, et du besoin de dialogue pour surmonter les fanatismes de toute sorte.

 

Vivre avec nos morts
Delphine Horvilleur   Grasset

«  Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis…  »
Être rabbin, c’est vivre avec la mort  : celle des autres, celle des vôtres. Mais c’est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui restent  :   «  Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à celui qui entend l’histoire pour la première fois des clefs inédites pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés d’hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont besoin de récits.  »
A travers onze chapitres, Delphine Horvilleur superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés  : le récit, la réflexion et la confession. Le récit d’  une vie interrompue (célèbre ou anonyme),   la manière de donner sens à cette mort à travers telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l’évocation d’une blessure intime ou la remémoration d’un épisode autobiographique dont elle a réveillé le souvenir enseveli.
Nous vivons tous avec des fantômes  : «  Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des histoires qu’on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que nous parlons.  » Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants et les morts. «  Le rôle d’un conteur est de se tenir à la porte pour s’assurer qu’elle reste ouverte  » et de permettre à chacun de faire la paix avec ses fantômes…

 

Judaïsme et christianisme dans la philosophie contemporaine
Danielle Cohen-Lévinas  et  Philippe Capelle  Édition du Cerf

La modernité a pu proclamer la mort de Dieu, mais il n’y aurait pas de philosophie contemporaine sans les apports juifs et chrétiens. Sur un siècle d’histoire de la pensée, cette somme sans précédent révèle l’inconscient refoulé de l’Occident.

Couverture livre

La relation entre les deux traditions du judaïsme et du christianisme a fait l’objet, depuis le début du xxe siècle, d’approches philosophiques fondamentales que le présent ouvrage s’efforce de réunir et de ressaisir. De Rosenzweig à Levinas, de Bergson à Maritain, de Péguy à Sartre et de Simone Weil à Ricoeur, c’est une constellation théorique singulièrement contrastée qui s’y manifeste, mettant en lumière une histoire philosophique inspiratrice de notre espace religieux et politique. Il ne s’agit cependant pas ici de rejouer philosophiquement les antagonismes historiques. Les textes rassemblés dans ce volume posent en effet de manière irréductible la question : qui est l’autre ? À quels types d’altérations et de complémentarités la pensée est-elle ici confrontée ? Il ne saurait donc être question d’autre chose que de trouver une orientation et une signification là où les déterminations historiques ont parfois recouvert ce qu’il est permis d’appeler l’exception judéo-chrétienne.