Films

 Gros plan sur le septième art, avec Samuel Blumenfeld

Les_Aventures_de_Rabbi_JacobItinéraires-découvertes : Saviez-vous que Bambi était juif, que Jérusalem a été filmée pour la première fois en 1897 par les frères Lumière…ou que Kirk Douglas venait de Biélorussie ? Samuel Blumenfeld décrypte pour vous certains chefs-d’oeuvre et films cultes du cinéma juif et yiddish en les situant dans leur époque… A consommer sans modération pendant toute la durée du confinement.

 

Taika Waititi : Jojo Rabbit

Sortie le 29 janvier 2020
Durant la Seconde Guerre mondiale, Joseph Betzler, bientôt rebaptisé ironiquement « Jojo Rabbit » par ses camarades, est un petit garçon allemand solitaire.
À 10 ans, cet enfant du Reich, nourri à la propagande nationale-socialiste, n’a guère d’autre compagnie que celle imaginaire et grotesque d’Adolf Hitler. Pour ce dernier qu’il adule, et à qui il se confie régulièrement, Jojo est prêt à tout sacrifier.Jojo Rabbit_affiche

Sa vision du monde se trouve cependant bouleversée quand il découvre que sa mère cache une jeune juive dans sa propre maison… Ce dernier va alors devoir faire face à son nationalisme aveugle.

JOJO RABBIT est une occasion privilégiée et originale d’appréhender cette période historique mais c’est aussi un film très actuel sur la tolérance, les valeurs et les choix qui nous définissent.

JOJO RABBIT est une œuvre audacieuse qui s’empare d’une des pages les plus sombres de l’Histoire moderne pour en faire une satire.
Et qui s’affranchit des limites de la représentation, et de ce que le hors-champ des images suggère d’horreur extrême, pour prendre à bras-le-corps la question de la propagande nazie et en dénoncer la supercherie.
Taika Waititi fonde son cinéma sur une esthétique joyeusement grotesque pour blâmer les grossières ficelles de l’idéologie totalitaire en matière d’antisémitisme.

Bande-annonce du film JOJO RABBIT

Amos GITAÏ : «Un tramway à Jérusalem».Un tramway à Jérusalem

Ce film choral, dont l’habitacle est le tramway de Jérusalem aux airs d’une tour de Babel où montent, dans une succession de saynètes, des personnages de toutes origines et de toutes confessions, donne à voir la mosaïque humaine qui compose Jérusalem et, au-delà, tout Israël.

Cette fiction a des allures de document et laisse à chacun la possibilité de se faire idée.

Amos Gitaï décrit « Un tramway à Jérusalem » comme « une métaphore optimiste et ironique de la division qui caractérise Jérusalem. Nous (des Israéliens, des Palestiniens et d’autres) essayons de simuler la façon dont l’existence peut se dérouler dans un microcosme tel qu’un tramway. Au-delà du conflit, de la violence actuelle, comment accepter l’existence de l’autre, les différences et les disputes, sans tuer ? »

Si Amos Gitaï a choisi un tramway comme décor de son nouveau film, c’est parce qu’il y voit le signe d’une coexistence pacifique. Reliant plusieurs quartiers de la capitale israélienne, la parcourant de part et d’autre, la ligne de tramway traverse les quartiers palestiniens de Shuafat et de Beit Hanina, à Jérusalem-Est, jusqu’au mont Herzl, à Jérusalem-Ouest.

Sameh ZOABI : «Tel Aviv On Fire». Tel Aviv on fire

C’est une comédie sur le conflit israélo-palestinien : Salam, 30 ans, vit à Jérusalem. Il est palestinien et stagiaire sur le tournage de la série arabe à succès « Tel Aviv on Fire ! » Tous les matins, il traverse le même check-point pour aller travailler à Ramallah.  Un jour, Salam se fait arrêter par un officier israélien, Assi, fan de la série, et pour s’en sortir, il prétend en être le scénariste. Pris à son propre piège, Salam va se voir imposer par Assi un nouveau scénario…

Tel Aviv On Fire prend le parti de traiter d’un sujet sérieux, le conflit israélo-palestinien, sur le ton de la comédie. Aux yeux du réalisateur, ce genre permettait d’aborder de façon plus subtile : « Dans mes films, j’essaie à la fois de divertir et à la fois de parler des conditions de vie de mes personnages de manière sincère. […] le ton est comique – pas pour mettre en relief une situation qui est plus tendue que jamais, mais plutôt pour utiliser les mécanismes que le comique d’exagération peut apporter ».