Le Temple

TempleLe Temple était le lieu
où Dieu résidait à Jérusalem.

Les Juifs y allaient prier et offrir des sacrifices ; ils y « montaient en pèlerinage ».

Le Temple fut détruit deux fois (586 av. Jc et 70 ap. JC) . Aujourd’hui reste visible  que le « mur occidental » (Kotel) partie du mur de soutènement de l’esplanade hérodienne.

« Dieu est au milieu de son peuple » : telle est la conviction profonde du peuple juif. Mais comment rendre physique, palpable cette présence divine ?

Racines bibliques

Pendant les longues années du désert, Moise rencontre le Seigneur dans la Tente de la rencontre et une nuée est le signe que le Seigneur est présent. Le sanctuaire portatif avec l’Arche de l’Alliance « l’Arche du Seigneur des armées qui siège sur les chérubins » suit les déplacements et pérégrinations du peuple des Hébreux.

Le Roi David, après avoir amené l’Arche d’Alliance à Jérusalem, voulut y construire un Temple mais ce fut son fils Salomon qui entreprit les travaux (1R6….) Le Temple était vraisemblablement un édifice imposant et somptueux qui abritait l’Arche d’Alliance dans sa partie la plus reculée et la plus sacrée, le « debir » ou Saint des Saints », séparée du reste de l’édifice par  un rideau.

Le Temple : un lieu très particulier 

c’est la Maison de Dieu, là où le S. réside à jamais : 1R8,13 : « je t’ai bâti une Maison pour résidence, un lieu où tu habites à tout jamais » ; mais en même demeure la conscience qu’on ne peut enfermer Dieu en lieu : IR 8,27

il était un lieu vital, central pour la vie juive car lieu de rencontre avec le S. : le peuple y apportait des offrandes et les prêtres faisaient les sacrifices selon ce qui est prescrit dans la Torah;

c’était aussi le lieu où montaient les juifs lors des trois grandes fêtes  de pèlerinage (Pessah, Shavouot, Souccoth) .

mais le Temple était un lieu également souvent dénoncé par les prophètes qui refusaient, au nom du S., toute idolâtrie du Temple et dans le Temple (Ez8… 2R21…) et voyaient le danger de lier la présence de Dieu à une maison de pierres et de bois.

 

Le Temple fut détruit en 586 av. JC et reconstruit, sans doute avec les mêmes dimensions, après le retour d’exil, sous la conduite d’Esdras et Néhémie. Le Saint des Saints est vide mais le Temple retrouve son rôle cultuel. Néanmoins, la période de l’exil à Babylone a fait réfléchir le peuple et les prophètes sur la place du temple.  qui s’orientent vers un « culte intérieur » Jr31,31 et déjà s’amorce l’idée d’un Temple spirituel.

En 169 av. J.C, le Temple fut pillé, saccagé par Antiochus Epiphane qui imposa d’y rendre un culte au dieu Zeus, jusqu’à la révolte, 5 ans plus tard de Judas Maccabée.Après la victoire contre les héllénisants le Temple est restauré (Hanoukha).  Hérode fit agrandir le Temple et les travaux ne cessèrent qu’avec sa destruction en 70 ap. JC. par les armées romaines. La Menorah, le chandelier à 7 branches, symbole juif par excellence, fut transportée à Rome.

Aujourd’hui il ne reste du Temple que le mur occidental, dit « Mur des Lamentations ».

 

Tradition liturgique

Le temple était un lieu de vie central pour les juifs (mais les non juifs  étaient également admis sur l’esplanade) : lieu où enseignaient les docteurs de la loi et les scribes (Mt 21,23), où s’installaient vendeurs d’animaux et changeurs de monnaie (Mt21,12), où officiaient prêtres et lévites pour les sacrifices et les offices religieux (présentation de Jésus au Temple Lc 22,24) ; lieu de prière et lieu de la présence de Dieu où seul le grand prêtre pénétrait  dans le Saint des Saints, le jour de Kippour, et ressortait en prononçant le nom ineffable du Tétragramme (YHWH).

A partir de l’exil à Babylone, les communautés se réunissaient pour prier dans les synagogues : ce fut le début de la tradition synagogale. Au temps du Christ, les Evangiles témoignent de la coexistence du culte au Temple de Jérusalem avec la prière dans les synagogues. Avec la destruction du Temple en 70 ap. JC, la tradition liturgique connait une mutation avec le transfert définitif du culte au Temple à la liturgie synagogale : ainsi par exemple, la tradition considère que la lecture du rituel de Kippour est équivalente aux sacrifices au Temple.

Le Temple et le Nouveau Testament

Le Temple est aussi un lieu essentiel chez les évangélistes. Jésus est présenté au Temple (Lc2,22-24), en Juif observant il y « monte » avec sa famille en pèlerinage et parle avec respect de la « maison de son Père » (Jn2,16). Comme nombre de prophètes avant lui il fustige le formalisme de la piété qui se rencontre dans le Temple (Mt 23,16) et prévient que le sanctuaire sera détruit.

Mais le message de Jésus est clair : c’est avec Jésus que Dieu établit sa demeure avec les hommes (Jn1,14) et c’est son corps qui est le signe de la présence de Dieu (Jn2,19-22)

Avec St Paul, le Christ est par excellence le Temple de Dieu (1Cor3.. ; 2Cor6..) et son corps Temple de l’Esprit ; A la suite de Jésus, l’Eglise est temple de Dieu

 

Rapprochement avec la tradition chrétienne

-importance du bâtiment « église » comme demeure du Seigneur

-l’église : lieu d’enseignement, de prière, de rencontre avec le Seigneur, de commémoration du sacrifice du Christ.

-voir sidic : Siméon, poussé par l’Esprit, reconnait en Jésus « le salut de Dieu….. Lc 2,31-32…) « Le Temple de Jésus apparaît donc, ds l’Evangile, comme le lieu saint où s’est manifesté pour la première fois, -en Jésus et ds son peuple- la rencontre du salut de D pour tous les peuples »